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LE BABIL DE BÉBÉ
par Marcel V. LOCQUIN

 
En attendant le babil de bébé

Ce matin on vient de me téléphoner, une petite fille vient de naître dans la famille. Je m'en réjouis pour ses parents et ses grands parents et je pense aussitôt que je vais pouvoir revivre avec elle les premières étapes du langage articulé humain.

Comment est-ce possible s'exclame-t-on dans mon entourage, un nourisson ne parle pas, il vocalise, fait des clics et des bulles, babille enfin, mais ce n'est pas encore un langage. Ce n'est que lorsqu'il va copier ses parents me dit-on qu'il apprend réellement à parler.

C'est ce que l'on a répété depuis longtemps, mais une observation attentive du babil de bébé montre qu'il en va tout autrement.

Après sa naissance et pendant les deux premières années de sa vie, les sons émis par bébé repassent par toutes les étapes primitives du développement du langage de l'homme depuis environ un million d'années.
 

La mémoire biologique

Une règle biologique universelle, veut que tout être vivant, dans les premiers stades de son développement, repasse par les premières étapes de la vie dans sa lignée. C'est ainsi, qu'avant de naître, bébé, dans le ventre de sa mère, est en premier lieu une cellule isolée, issue de la fusion fécondante d'un ovule pondu par l'un des ovaires de sa maman, ayant cheminé dans l'une de ses trompes à la rencontre de l'un des spermatozoïdes de son papa. De cette fusion, naît une nouvelle cellule que l'on appelle un oeuf, dont le noyau contient dans ses chromosomes ce que l'on nomme son patrimoine génétique, dont une partie provient de sa mère et une partie de son père, ce qui fait que bébé pourra ressembler plus ou moins à l'un des deux, ou aux deux en même temps.

Cette cellule-oeuf nous évoque le stade Protozoaire des premiers moments de la vie unicellulaire dans les océans primitifs, il y a plus de trois milliards d'années.

Trente heures après, cette oeuf, cellule-mère, va se diviser en deux cellules-filles, puis chacune de ces deux, de nouveau en deux et ainsi de suite pour construire notre être composé de plusieurs milliards de milliards de cellules et le maintenir en vie par renouvellements
successifs des cellules qui meurent.

Ces divisions successives, chacune étant séparée de la précédente par un intervalle variable suivant les organes, s'organisent autour d'un plan unique et général qui n'a pas fini de nous
surprendre car il s'applique à des êtres aussi différents que des Mammifères, des Oiseaux, des Serpents, des Batraciens, des Poissons. Les premières divisions conduisent à construire un massif cellulaire ressemblant au fruit d'une mûre, mais de taille cent mille fois plus petite, c'est pour celà qu'on l'a nommé le stade "morula", ce qui veut dire en latin "petite mûre". Il y a encore actuellement, dans les océans, des Protozoaires vivant en colonies ayant cette forme. Cette morula devient ensuite un bourgeon en forme de sphère creuse ou "blastula" qui se transforme ensuite par une sorte d'invagination en "gastrula", sorte de poche en forme de poire creuse à double paroi, munie d'un orifice, un peu comme une bouteille thermos. Cette gastrula va évoluer en "embryon", au fil des divisions cellulaires, en compliquant sa forme et sa structure, pour élaborer successivement les différentes parties de notre corps ainsi que nos organes, tête, membres, coeur, yeux, oreilles, tube digestif, etc.

Au cours de cette embryogénèse, certains stades évoquent certaines des grandes étapes de l'histoire de la vie dans la lignée aboutissant à l'homme. Certains organes devenus inutiles au fil de l'évolution vont ensuite se résorber. Ainsi l'embryon humain, à un certain stade de son
développement, a des fentes branchiales comme un poisson Sélacien, autrement dit un Requin. Ces fentes branchiales, adaptées à la respiration aquatique, disparaîtront ensuite, puisque bébé n'en aura plus besoin après sa naissance, car il puisera dans l'air l'oxygène vital, en respirant comme tous les Mammifères. Plus tard les doigts de ses mains apparaîtront réunis par une membrane, c'est à dire palmés comme ceux d'une Grenouille. Ces membranes interdigitales font penser au stade des Amphibiens; dont font partie Grenouilles et Crapauds qui vivent encore actuellement, depuis la sortie des eaux de ces Vertébrés il y a plusieurs centaines de millions d'années. Ces membranes interdigitales se résorbent ensuite puisque, en évoluant bébé est devenu un Vertébré terrestre qui ne vit plus dans l'eau qu'épisodiquement en portant parfois des palmes artificielles pour nager et plonger. Quelque fois cependant ces palmures subsistent chez de rares nouveaux nés. J'en ai connu un dont la main gauche était
encore palmée à la naissance.

Nous constatons que nous pouvons ainsi répérer certaines structures dans le éveloppement embryonnaire de l'homme, structures qui récapitulent certaines étapes de développements antérieurs de sa lignée depuis l'origine de la vie sur notre planète, ce qu'expriment les savants en une phrase lapidaire, "l'ontogénèse récapitule la phylogénèse".
 

La mémoire langagière de bébé

Comme l'a écrit jadis Buffon, "le langage est de l'homme même", autrement dit il fait partie intégrante de son individualité, il est en quelque sorte un prolongement immatériel de son corps matériel. Sans langage articulé nous ne serions que des singes bipèdes. Par le canal de notre langue maternelle, nous projetons une partie de notre stock mémoriel dans l'oreille de nos interlocuteurs. Il paraît donc tout à fait raisonnable d'essayer d'appliquer au langage la règle de récapitulation onto-phylogénique évoquée plus haut.

On est en droit de penser que le babil de bébé puisse récapituler les toutes premières étapes de l'histoire du langage articulé humain. C'est bien ce que révèle une observation attentive que l'on peut recouper ensuite par d'autres données notamment archéologiques et historiques.

Que bébé ait des parents de langues maternelles aussi différentes que le français, l'allemand, le russe, le japonais ou le chinois, il ignore ces différences jusqu'au moment où, vers neuf mois, il commence à copier le langage des adultes qui l'entourent.

Dans un premier stade, entendons attentivement bébé faire des vocalises dès les premiers mois de sa vie. C'est son larynx qui les produit, comme il produira plus tard les voyelles du langage chanté ou parlé qui en sont issues. Pour l'évoquer, pensons à une vocalise célèbre,
celle du chant de Lakhmé dans l'opéra de Léo Delibes.

Si on analyse les fréquences respectives des lettres les plus fréquemment utilisées dans la langue française, on en résume la succession en fréquences décroissantes par l'acronyme bien connu "ÉSARINTULO". En supprimant dans ce mot les consonnes, il reste la succession des
voyelles "É A I U O", qui est très proche de l'ordre de leur apparition dans les vocalises de bébé pendant les tous premiers mois de sa vie. C'est aussi l'ordre guttural d'émission des sons le plus logique: É est émis du plus profond de la gorge avant A qui le suit. Les voyelles I, U
et O sont modulées successivement par la forme de la cavité buccale en se rapprochant progressivement des lèvres.

Puis, dans un deuxième stade, bébé s'affirme en faisant, disent ses parents, des clics et des bulles. Ce sont des consonnes pures, générées par les claquements de sa langue, contre son palais et ses dents, le sifflement entre ses dents, l'écartement brusque de ses lèvres et les
changements de configuration de sa cavité buccale, sans émission simultanée de sons par le larynx. Avec certaines variants chronologiques et des recouvrements, il claque de la langue sur son palais pour émettre la consonne "L", il racle sa gorge pour émettre le "G", il claque sa langue contre ses dents pour émettre la consonne "D" ou "T", il ferme ses lèvres pour émettre le "M",  il abaisse brusquement sa langue pour produire le "N", il souffle pour produire le "F", il bloque la langue contre les dents supérieures pour émettre le "V", il fait résonner le fond de sa cavité buccale pour produire le "R", il claque des lèvres pour émettre "B" ou "P", il siffle entre ses dents pour produire le "S".

Ce faisant il invente comment produire les dix premières consonnes dont il aura besoin plus tard. Ayant quitté le stade voyellique pur, il est ainsi arrivé au stade consonnantique pur qui est la véritable émergence du langage articulé humain.

Les deux premiers stades précités, rappelons-le, sont communs à tous les bébés, quelle que soit la langue maternelle de leurs parents.

Après avoir produit les premières de ces dix consonnes et avant d'en avoir inventé toute la série, il passe au troisième stade qui, de ce fait, recouvre pratiquement partiellement le second.

A ce troisième stade, bébé associe les sons des cinq voyelles E A I U O, aux consonnes qu'il sait dorénavant produire, toujours en respectant l'ordre chronologique de leurs apparitions respectives et toujours dans le sens uniforme voyelle-consonne. C'est l'époque du début du babil proprement dit, celui des aM, des aB, des aR ...  Ce faisant, il découvre que ces nouveaux sons composites voyelles plus consonnes portent, dans l'espace, beaucoup plus loin que les consonnes pures. Avec cette association voyelle-consonne, il a inventé les "phonèmes", sons élémentaires encore simples, mais qui portent bien plus loin que les consonnes et sont aussi beaucoup plus efficace pour exprimer ce qu'il veut faire comprendre à son entourage.
Chaque phonème est alors prononcé isolé, souvent répété, mais pas encore articulé avec d'autres phonèmes.

Au quatrième stade, bébé, devant l'insistance de ses parents, commence à les imiter en inversant les phonèmes. aM devient Ma, aR devient Ra et aB devient Ba. En effet, dans toutes les langues occidentales contemporaines il y a moins de phonèmes que nous appellerons directs, c'est à dire apparus avec l'association voyelle-avant-consonne, respectant ainsi le sens chronologique des découvertes sonores de bébé, que de phonèmes inversés consonne-avant-voyelle. Faisant cette inversion, bébé s'efforce maintenant de copier ses parents  en disant Pa ou Ma ou Ra ou Ba.

Au cinquième stade, peu après un an, toujours stimulé par ses parents, il commence à redoubler systématiquement ces phonèmes en disant MaMa, PaPa, BaBa, puis en diversifiant le voyelles comme dans BéBé, MéMé, PiPi, DoDo, LouLou, ...

Ce n'est que vers deux ans, au sixième stade, qu'il commence à tenter des associations entre phonèmes différents, comme MaMi, BaTo, PaRi, SaBo, MiNou, construisant ce faisant, les prémisses d'un véritable langage articulé.

Cette succession évolutive langagière du babil de bébé, en six stades, nous paraît très proche de la succession évolutive des premiers stades du langage articulé humain, ainsi que
nous le verrons plus loin.
 

Ce que bébé veut dire

Examinons maintenant quels sont les sons de son environnement, que bébé copie,  pourquoi il les copie et quel sens il leur donne.

Dans l'entourage de bébé, de nombreux sons sont émis qui lui parviennent dans le désordre et sans qu'il puisse leur donner immédiatement une signification. En effet, toute signification s'élabore par comparaison avec d'autres perceptions sensorielles signifiantes antérieures. Le toucher, la vue et l'oreille de bébé se développent en parallèle. A la plupart des sons de son environnement proche, aidé par ses parents, il peut associer, par le toucher ou par la vue, un objet à un son perçu. Si le son provient d'un animal, il associera l'aboiement à un chien, le bêlement à un mouton. Pour désigner ces objets animaux de son environnement, il imitera
spontanément leur cri. C'est ainsi qu'en disant "ouah ouah" il désignera le chien et "bêee bêee" le mouton. D'autres sons d'origine technique humaine le captivent également, c'est ainsi qu'il tendra a imiter le son de l'avertisseur à deux tons d'une voisture de pompiers PinPou, et plus tard les pétarades du moteur d'une motocyclette ou le grondement d'un moteur d'avion.

Bébé copie un son d'abord pour désigner l'animal qui l'a émis, puis, bien plus tard, pour désigner cet animal, absent, dans l'instant, de son environnement, mais à qui il pense et qu'il veut désigner à autrui. Pensant à son chien il dit "ouah ouah", en regardant ses parents pour attirer leur attention sur l'absence de son animal familier.

Répétons le, d'une manière très générale bébé copie les sons de son environnement pour en désigner les émetteurs. Il adopte ainsi un procédé psychologique aussi vieux que l'homme, celui de la projection mentale du son sur l'objet qui l'émet pour le désigner ensuite par le langage, puis, plus tard, pour en exprimer la signification concète même en l'absence de l'objet.

Résumons nous, en commençant à parler, Bébé veut en premier dire à ses parents: voici un objet qui m'intéresse. Ce faisant, il commence à s'affirmer en tant que personne, digne d'intérêt pour son entourage. Il s'affirme également dans son territoire en apprenant à en nommer les objets familiers.
 

Les hommes préhistoriques

Du fait de la règle de récapitulation onto-phylogénique dont nous avons déjà parlé, applicable aussi bien à ses organes matériels qu'aux produits immatériels de ses pensées, on
peut estimer que c'est ainsi que, dans les temps préhistoriques, les premiers hommes ont développé les premières étapes de leur langage. Bébé ne fait que parcourir en accéléré, environ en deux ans, ce que les premiers hommes ont mis environ un million d'années à
inventer et à développer. Les premiers hommes vrais, descendants des Australopithèques qui étaient comme la célèbre Lucy des singes pé-humains ne parlant pas, ont d'abord inventé quelques consonnes, une dizaine, pas plus, puis ils les ont associées aux vocalises laryngées devenant progressivement des voyelles, pour créer les "phonèmes", véritables briques élémentaires du langage qu'ensuite il a articulées, c'est à dire combinées entre elles, pour construire les phrases signifiantes du langage articulé de tous les hommes vivant actuellement sur notre planète terre, quelle que soit leur langue maternelle.

L'Homo sapiens préhistorique, en parlant devient un "Homo loquens" apte à désigner des animaux chassés par lui dans son environnement et à en communiquer la présence à ses semblables, chasseurs comme lui. Il peut ensuite en exprimer les qualités réelles ou supposées par le processus universel de la "totémisation".

Un "totem", en langue parlée par les Algonquins, population amérindienne ayant survécu partiellement au plus grand génocide de l'histoire humaine perpétré par les européens lors de la conquête de l'ouest américain, est un nom donné à un animal, considéré comme ancêtre lointain et mythique d'un groupe social,  que nous nommerions actuellement clan ou ethnie.

Le processus de totémisation consiste en l'appropriation collective par les membres du clan, d'une qualité, réelle ou supposée, de cet ancêtre animal-totem. C'est ce que nous faisons encore actuellement, sans le savoir, lorsque nous disons d'un de nos ancêtres "c'était un
taureau" ou "c'était un renard". Nous sous-entendons alors "fort comme un taureau" ou "rusé comme un renard".

Dans l'environnement des hommes préhistoriques vivaient des animaux comme le Mammouth, l'Auroch, le Serpent, l'Ours, le Loup, le Cerf et bien d'autres dont nous ignorons les cris, même si, par analogie avec ceux de leurs descendants contemporains, nous pouvons en avoir une idée approximative.

A cette époque lointaine, que l'on peut dater d'environ 700.000 ans, les premiers hommes ont dû attribuer à ces animaux des qualités que nous qualifierions actuellement d'abstraites, comme la force, l'intelligence, la puissance, l'autorité, l'efficacité, la ruse, la vélocité, la solitude, etc. Certains sont devenus les totems de clans et, pour les invoquer ils ont choisi de copier leurs cris. Ainsi sont nés les premiers phonèmes, accompagnés de leurs significations totémiques.

Résumons-nous, c'est du fait de la nécessité d'avoir à désigner par la parole, les dix animaux les plus importants de son environnement, puis par la seconde nécessité d'avoir à désigner les abstractions que sont les concepts exprimant les valeurs attribuées à ces animaux, que l''on peut imaginer, avec quelque vraisemblance, que l'homme a pu franchir les premières étapes de la construction du langage articulé.

Dans le langage articulé humain contemporain, diversifié en quelque 4.000 langues à la surface de notre planète, on a pu repérer les phonèmes les plus anciens, par leur présence fossilisée en quelque sorte dans un très grand nombre de langues. De ce fait ils ont été
appelés "phonèmes archétypaux". Il y en a exactement vingt, dix directs comme aM, aR, et dix inversés comme Ma, Ra, dont la signification archétypale peut être déduite de l'analyse des sens des mots dans lesquels ils sont présents dans presque toutes les langues étudiées. A ce jour, ils ont été repérés dans 79 langues mortes et plus de 100 langues actuellement vivantes, appartenant à des groupes géographiquement aussi divers que: l'Europe, l'Afrique, le moyen Orient, le sud Asiatique, le grand nord Boréal, l'extrême Asie, l'Amérindie, l'Océanie, l'Indonésie.

En voici la liste, dans l'ordre le plus probable de leur apparition, telle qu'elle a pu être établie par l'évolution du babil de bébé, puis confortée comme nous le verrons plus loin par l'utilisation des déploiements de la théorie des catastrophes de René Thom appliquée au
langage.

   heL, aG, aD aM, aN, aF, aV, aR, aB, aS, dans la série des phonèmes directs,

   La, Ga, Da, Ma, Na, Fa, Va, Ra, Ba, Sa. dans la série des phonèmes inversés.
 

Les premières règles sociales

On est en droit de se poser la question, quelle a pu être la signification primordiale des
deux inversions fondamentales du langage articulé humain ?, La première dite intraphonémique: voyelle avant consonne devenant consonne avant voyelles, est maintenant fréquentes dans toutes les langues de la planète, telle que aD devenant Da et aN devenant Na. La seconde inversion est dite interphonémique, elle est telle que aDaN devient aNaD ou aRaM devient aMaR. Il ne faut pas négliger la mixité des inversions qui, toujours en partant d'aDaN, peut donner DaaN, et aDNa, puis NaaD et aNDa, ce qui est résumé dans le tableau suivant ou le signe ^ signifie <donne par inversion intra phonémique simple>, ^^ signifie <donne par double inversion intraphonémique> et # signifie <donne par inversion interphonémique>.

   aD aN ^^ Da Na

   aD aN ^ aD Na et Da aN

   aD aN # aN aD

   aD aN ^^# Na Da

   aD aN ^# Na aD

   aD aN #^ aN Da

soit en tout 8 phonèmes, qui se diversifient en étant combinés avec 17 voyelles et diphtongues qui peuvent remplacer le "a," soit à, e, é, è, ê, i, î o, u, an, en, in, ein, ou, un. Ce qui donne en tout, pour tous les di-phonème possibles directs et inversés, construits avec les dix consonnes archétypales, un réservoir de plus de 8 milliards de milliards de milliards de mots possibles.

Ainsi se révèlent très tôt, les immenses possibilités d'expression du langage articulé humain, que nous ne pourrons jamais épuiser. même en ne tenant compte que des mots construits avec seulement deux phonèmes.

Comment retrouver les significations des deux règles fondamentales d'inversion de cette riche combinatoire langagière.

On peut en retrouver les règles par l'étude de la toponymie, c'est à dire par l'étude des noms de lieux, en suivant les parcours des grandes migrations humaines. L'inversion intraphonémique voulait dire filiation directe à partir du lieu de départ, sans changement de
mode de vie, l'inversion interphonémique était une migration avec changement complet de mode de vie, en un mot avec changement de religion. En latin religio en a gardé la trace car il est dérivé du verbe relegere qui veut dire faire un nouveau parcours.