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CITATIONS de Federico MAYOR
Directeur général de l'UNESCO
extraites de ses trois derniers livres publiés par
l'UNESCO
en 1996 et 1998
| La science dure est devenue étrangère à nos propres
développements.
L'Univers est et ne deviens pas, Ilya Prigogine in Federico Mayor. La culture de guerre est telle qu'elle a pénétré dans nos comportements sous d'autres formes que celles qu'on avait pu prévoir. Il ne faut pas idéaliser les effets de la rationalité scientifique, il faut inventer une éthique du temps pour agir à temps même en l'absence d'informations somplètes. Les événements se déroulent à un rytheme discontinu qui peut s'accélérer et parvenir à un point de non retour au-delà duquel il n'y a pas grand chose à faiire pour empêcher le processus de tourner à la catastrophe. Notre action dépend de notre mémoire du passé, de notre analyse du présent et de notre anticipation du futur, Ilya Prigogine in Federico Mayor. Il est extrêmement regrettable que la compréhension de l'inconscient et de l'énergie ait été éclipsée par les débordements d'hystérie cristallisés dans les régimes totalitaires et par un pouvoir de destructions massives de l'humanité cristallisé dans les têtes nucléaires et la bombe atomique. Communisme et capitalisme ont le même but explicite visant à créer un monde de progrès universel axé sur la liberté politique et le bien être universel. Le risque sans la connaissance est dangereux, mais la connaissance sans risque est inutile. Nous ne sommes ni les maîtres de l'histoire ni ses esclaves. Pas plus que nous sommes les maîtres de la nature comme nous l'a appris jadis la science. Nous appartenons à des systèmes dans lesquels nous pouvons jouer un rôle très important mais dont nous ne fixons pas entièrement toutes les modalités. Le mythe le plus tenace consiste sans doute à dire que les "sociétés de consommation" offrent un modèle culturel et social que nous serions très fiers de transmettre aux générations futures. Ceux qui ont souffert de l'oppression et de la pauvreté ne pourrant être qu'extrêmement déçus si nous leur offront les lois du marché libre en guise de réponse. Au sommet de la pyramide éducative et sociale, même dans les sociétés les plus opulentes, nous avons tendance à nous retrancher derrière nos spécialités étroites et nos tâches journalières et à oublier les liens qui nous unissent aux autres créatures de l'Univers, et tout cet ensemble d'interactions humaines avec la nature qui menance la survie de notre espèce. Le système éducatif traditionnel risque de transformer les jeunes étudiants, ouverts et responsables, en des citoyens à l'esprit étriqué, ayant perdu tout contact avec la société et les grands problèmes de leur temps. Faire des efforts en tant que groupe ou communauté pour aborder, comprendre et résoudre les problèmes de notre temps. Je ne me lasse pas de répéter que le scientifique a la responsabilité absolue de s'exprimer clairement sur les sujets qu'il connaît, sur ceux qu'il analyse et qui peuvent affecter le progrès social. La spécialisation nous éloigne en un sens des responsabilités qui nous incombent en tant que personnes, et fait de nous une sorte d'individu prévisible et passif qui observe le monde depuis sa tour d'ivoire. Il faut que cela cesse. Si on nous inculque dès le plus jeune àge un certain nombre de notions éthiques, politiques et scientifiques, nous pourronsd acquérir la capacité d'assumer nos responsabilités. Prendre du recul et apprendre. La vie sans examen de conscience ne vaut pas la peine d'être vécue. Si nous restons trop repliés sur nous-mêmes, nous finissons par nous perdre dans la sagesse reconnue de notre spécialité, de notre institution et de notre culture. C'est au niveau de la science appliquée qu'il faut s'interroger sur l'impact social de la science. Appliquée sans objectifs humains, la technologie est une perfection sans but. |