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L'AVENIR DES LANGUES
par Marcel V. Locquin
Les derniers 3 000 ans de développement historique
de la modernité n'ont pas fait diminuer le nombre de langues
à la surface de notre planète, bien au contraire. La diminution
redoutée ou souhaitée suivant certains n'est qu'un mythe.
Comme l'a dit Claude Hagège, il meurt autant de langues qu'il
s'en crée par le phénomène bien connu de la créolisation.
Prenons l'exemple de la langue anglaise, que certains proclament un
peu vite être le latin du 20ème siècle finissant.
Qu'en est-il réellement ? En fait l'anglais d'Oxford depuis une
cinquantaine d’années n'est plus compris des anglophones de Wall
street, ni de ceux du Texas, ces deux derniers ne se comprenant pas
entre eux. Si nous allons dans les pays, jadis colonies britanniques
ou en relations suivies avec le monde anglo-saxon, nous découvrons
qu'il existe encore trois autres langues dérivées de l'anglais
qui ne se comprennent ni entre elles ni avec les trois précédentes:
les langues anglaises indienne, australienne et japonaise. A toutes
ces langues il faut en ajouter une septième, l'anglais des scientifiques.
Déjà en 1955, j’avais constaté que les britanniques
et les américains des sociétés de Microscopie électronique,
ne se comprenaient pas lorsqu'il s'est agi de rédiger avec moi
les statuts en anglais d'une Fédération internationale
des sociétés de Microscopie électronique. Dans
les organisations internationales qui assurent l’interprétation
simultanée en séances, les traducteurs demandent toujours
dans quel anglais ils doivent s’exprimer, britannique ou américain
?
L'anglais et le français ont en commun le fait d'être répartis
dans une diaspora sociétale mondiale, alors que des langues beaucoup
plus parlées comme le chinois, le hindi, le russe, l'espagnol
par exemple sont géographiquement trop monolithiques.
On doit aussi constater qu'en Europe, l'anglais est une langue moins
parlée que le français. En nombre de locuteurs elle a
devant elle l'allemand puis le français. Dans l’Europe actuelle
des 15, la langue allemande devrait logiquement accéder sous
peu au même statut que les langues française et anglaise.
Homo loquens du futur
L'Homo sapiens eut dû mieux être appelé Homo loquens,
car c'est son langage articulé qui le différencie le
plus, parmi les primates, de ses cousins les singes et de ses ancêtres
mammifères. Ce n'est pas sa supposée sagesse qui a été
le nouveau moteur de son évolution, mais la communication langagière
qui lui a permis de transcender les obstacles de l'espace et du temps.
Bien entendu la communication existe chez tous les animaux, notamment
chez les autres primates et chez les oiseaux, mais elle est limitée
soit à l'instant, soit, au mieux à la durée d'une
vie individuelle de l’animal et dans un périmètre de
quelques mètres à quelques kilomètres.
Les communications étaient dans les temps lointains géographiquement
limitées. Avec l'invention de l'écriture, puis de l'imprimerie,
deux premiers pas furent franchis, prolongés et prodigieusement
étendus par la radiodiffusion, la cinématographie, la
télévision, les réseaux informatiques, les réalisations
multimédias.
Curieusement on constate un retour actuel aux pictogrammes pour communiquer
avec nos outils techniques, comme dans la signalisation routière,
ou plus ou moins informatisés comme dans les tableaux de bords
de nos automobiles ou sur les menus affichés sur l’écran
de nos ordinateurs, ainsi que sur internet. Ceci confirme que les
formulations pictographiques dans notre lointain passé
étaient bien plus condensées en information que les
nôtres formulées en mots. On y revient par besoin d’économie
de place et de temps. Cela nous ramène à l’époque
pictographique qui se développait il y a quelque 6 000 ans.
Etablissant entre plusieurs champs de recherche des ponts de transcompréhension,
les nouveaux Hommes perspicaces transdisciplinaires savent que savoir
et savoir-faire sont inséparables. Ils conserveront leur identité
à travers la pluralité de la pratique des langues et
la pluralité des façons d'exister grâce à
leurs outils transdisciplinaires, notamment translinguistiques.informatisés,
l'ensemble pouvant être qualifié d’orthèses informatiques.
Ces nouveaux outils sont associés à des logiciels
quantiques, qui simulent les processus de ressouvenance humains par
blocs tels que mis en évidence par Roechlin dans ses travaux
sur la psychologie différentielle.
D'une base de données contenant par exemple l'ensemble de la
structure de la langue française enregistrée dans 12
000 phrases, ils extraient, par blocs, des informations, corrélées
avec la question posée par les phonèmes archétypaux
du langage articulé humain. Comme ces phonèmes universels,
sont présents dans toutes les langues étudiées
à ce jour de ce point de vue, l'opérateur peut poser
ses questions dans l'une quelconque de ces langues, les réponses
obtenues sont; dans une version actuelle d’Elsinoé, affichées
en français et sont pertinentes. Ces nouveaux logiciels ne
font pas partie de ce qu'il est convenu d'appeler l'intelligence artificielle.
Ils ne font appel à aucune logique prétendant simuler
l'intelligence humaine. Ils utilisent les propriétés
translangagières des phonèmes archétypaux dont
nous avons parlé. C'est l'opérateur qui, suite à
sa question, ayant obtenu une ou des réponses comme élément
de réflexion, fait fonctionner sa logique personnelle pour
l'interpréter, sans la considérer comme une réponse
logique univoque à sa question.
Avec le logiciel quantique "Tractatus" qui gère depuis plus
de dix ans la base "Elsinoé", qui
est en quelque sorte mon jumeau informatique, les réponses
sont présentées, corrélées avec la structure
cognitive à base 16 de l'espace mental humain. Cette structure
cognitive a été établie, suite à une analyse
statistique d'un bon millier de textes publiés depuis trois
siècles en 15 langues différentes, textes aussi bien
philosophiques que romantiques, scientifiques et techniques. On peut
l’exprimer ainsi:
Tout exposé commence par considérer l’individuel dans
le présent local :exprimé à partir du dynamisme
de départ, prenant en compte les aspects matériels
actuels, ainsi que les réactions de l'entourage, avec un rappel
de sa genèse historique. L’exposé se poursuit en étendant
ses réflexions avec un retour sur le proche passé, en
tenant compte de l’aspect affectif originel, des servitudes environnementales
matérielles, des réactions de l'environnement, ainsi
que des inimitiés cachées. L’exposé se poursuit
en analysant le contexte social évolutif par rapport à
l’idéal originel, avec prise en compte des aspects sociaux
matériels, ainsi que des réactions des socio-fidèles,
en vue des épreuves à venir dans l'environnement. Enfin
il cherche à dégager une synthèse de ce qui est
futurible: à partir de ce qui est requis par le passé,
prévoyant le futur des obstacles environnementaux, pour proposer
une synthèse générale, confrontée
à la mise en mouvement dans le présent.
Vous pouvez interroger vous-même Elsinoé qui est en libre
service sur Internet à l’adresse: www.manufacon.com/locquin/elsinoe.
Dialogue réflexif avec ELSINOÉ
A la question que je lui ai posée le 29 juillet 1998, "Quel
sera l'avenir de notre planète", en une fraction de seconde
ELSINOÉ m’a répondu:
"Notre planète évoluera, pilotée par des Hommes
de prestige, qui sauront dans quel sens ils veulent la faire
évoluer. Ils agiront sous la pression de la base en visant
haut, en dépit des nuisances à l'environnement que l'on
peut deviner. Il y a en ce moment une bonne aptitude à agir.
Que ceux qui le veulent se tiennent en liaison constante. L'idéal
auquel se réfère l'homme est maintenant dépassé,
mais passionnellement cela ne lui pose pas de problèmes. L'évolution
actuelle est le fait d'Hommes peu responsables, ayant des réactions
grossières. En définitive nous devons accroître
nos connaissances pour que, dans l'avenir, le développement
soit de bon aloi, avec cependant, lors de la mise en mouvement des
tiraillements provenant d'indisciplinés sociaux".
En posant maintenant la question: "a quoi ressemblera notre
monde de demain ? ", Elsinoé m’a livré comme éléments
de réflexion ce qui suit:
«Extériorisez-vous pour faire apparaître les inimitiés
induites inapparentes, face aux
épreuves à venir alentour une transaction est possible,
mais devant l’évolution future des obstacles, vous vous croyez
envoûté. Ne vous en laissez pas accroire quant au
prix à payer pour les aspects matériels. L'apprentissage
est primordial face aux
réactions alentour, car c'est la bonne clé pour nous
délivrer des servitudes environnementales. L'exigence de clarté
est totale face aux réactions de l'environnement. Avec un retour
sur le passé le climat apparaîtra reposant car
ce qui est requis par le passé est une question de filiation.
Face à la dérive idéelle de l'idéal originel
les fanfarons sont lâches et il n'y a pire sourd que celui qui
ne veut pas entendre. L’évolution se fera sans analyse rationnelle
possible de l’adaptation et de l’évolution sociales, car la
nuit tous les chats sont gris. En résumé, il y a trop
d'idéalisme dans le dynamisme au départ, la synthèse
se fera de façon cyclique et il n'y aura pas de conformisme
dans les choix à faire pour la mise en mouvement».
Extrait de «L’homme et son langage», éditions
du Muséum de Lyon.
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