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Questions culturelles d'actualité
par Marcel V. LOCQUIN
 

Q.: Quelles sont les raisons du progressif déplacement d'Amérique en Europe du  centre de gravité scientifique du monde ?

R.: Aucun paramètre économique ne peut l'expliquer, aucun paramètre  monétaire non plus puisque en 1993 les Etats-Unis restent le pays qui  dépense le plus pour l'éducation: 6,8% de son PIB conrtre 5,9 en Allemagne  et 4,9 au Japon. La réponse doit être recherchée au niveau des structures  mentales  individuelles qui déterminenrt les moeurs et les comportements  sociaux.

Q.: Pourquoi la progression techno-culturelle induit-elle un blocage sociétal ?

R.: La montée techno-culturelle a atteint maintenant un plafond, depuis une dizaine d'années, dans la société développée la plus avancée de notre planète. La progression technologique et technique de plus en plus limitée à certains secteurs privilégiés de la recherche et de l'industrie, n'induit plus de progression culturelle sociétale globale outre-atlantique, ce qui provoque une fuite des étudiants au sein de toutes les Universités, même les plus prestigieuses qui ont perdu entre 1992 et 1994, environ un quart de leurs effectifs étudiantins. Cette fuite quantitativement impressionnante, exprime une vaste désenchantement qui a atteint toutes les strates jeunes de la société.

Q.: Quelles sont les conséquences d'un potentiel éducatif supérieur ?

R.: On constate qu'un potentiel éducatif supérieur, au fur et à mesure de sa pénétration dans la société, provoque la baisse de la fécondité des couples, anisi que le déclin des croyances culturelles ancestrales collectives, idéologies, religions, conscience d'appartenance à une classe, à un état, dans une nation,

Q.: Quelles sont les conséquences de la libération des croyances ancestrales ?

R.: La libération quasi totale des croyances sociales ancestrales, qualifiées d'irrationnelles, avec repli exclusif sur le prétendu rationnel, conduit à modeler des individus isolés, insatisfaits, envieux, refermés sur eux-mêmes et incertains de leur avenir, ayant tendance à recréer de nouvelles croyances collectives perverses comme l'axiome du continu, la suprématie du décimal sur le binaire, la matérialité de l'information, le principe de causalité,
ou encore comme le racisme, le sectarisme, l'intégrisme, l'ultra-libéralisme, le mondialisme exclusivement économique, à moins qu'ils ne versent dans la violence collective ou individuelle.

Q.: Quelles sont dans les pays avancés, les conséquences de l'appel à la relance de la croissance ?

R.: En relançant par des artifices budgétaires la croissance dans des limites géographiques étroites et dans une économie plafonnée, donc stagnante, on fait artificiellement tourner en roue libre l'économie en augmentant le déficit et repoussant son échéance, fatale par les déséquilibres mondiaux qu'elle engendre.

Q.: Quels sont les conséquences du darwinisme social ?

R.: Par la pensée nullitaire néo-darwinienne, incohérente conceptuellement, car réduite à ne traiter que de l'animalité de l'homme, on enferme le conflit social biologiquement sain entre liberté et autorité, ou entre égalité et inégalité, dans un réduit économique étriqué, ignorant ainsi ses aspects constructifs inconscients et conscients, autrement dit humains et sociaux.

Q.: Y a-t-il une différence essentielle entre sciences dures et sciences molles.

R.:  Proclamer que les sciences humaines et sociales ne sont pas de vraies  sciences car trop "molles" face aux sciences "dures" mathématico- physico-bio-chimiques relève de la "pensée nullitaire" qui induit les difficultés économiques que nous vivons, la quantophrénie
intellectuelle et artistique, qui se manifeste notamment par des séquences hachées cinématographique publicitaires,, les absurdités créationnistes autant que néo-darwiniennes, des conflits machistes hommes-femmes, des obsessions sexuelles sociales, des remises en question fallacieuses comme celles de l'avortement ou de la peine de mort, le refus d'une mort volontairement digne en cas de souffrances extrêmes, sans oublier des guerres claniques, maffieuses, religieuses, économiques, et j'en passe.

Q.: Quelles sont les ignorances de l'économie ?

R.: L'économie surfe sur la conscience de notre société, ignorant superbement ce qui lui immédiatement sous-jacent, le subconscient social, comme ce qui est profondément enfoui dans l'inconscient de chacun de ses membres, ses logiques individuelles émotionnelles comme rationnelles de comportement. face aux défis journaliers de sa vie, dans un environnement en perpétuel changement.

Q.: Comment résumer en une phrase la règle évolutive individuelle ?

R.: Survivre au moindre effort pour vivre avec plaisir.

Q.: Qu'est-ce qui régit l'évolution d'un groupe ?

R.: Pour régir l'évolution d'un groupe, il n'existe pas que des lois économiques et des individus. Il y a, sous-jacent, un système complexe inconscient de régulation anthropologique des valeurs partagées socialement par tout le groupe. L'Homo economicus est universellement inclus en l'Homo sapiens dont il n'est que la partie émergée de l'iceberg inconscient motivant la diversité de ses actions.

Q.: Qu'est-ce qu'un état ?

R.: L'Etat est une croyance collective  moderne bâtie sur des règles bureaucratiques et une monnaie communes, issue de la croyance collective plus ancienne de Nation, bâtie sur une histoire et une langue communes. La Nation est elle même un substitut issu de l'affaiblissement des croyances religieuses.

Q.: Qu'est-ce qui règle la conduite des états?

R.: La conduite des états comme des individus doit tenir compte de la conjoncture. Il n'y a pas en la matière de règles permanentes et universelles, ce qui explique le dogme quasi général de la non ingérence dans les affaires nationales d'autrui.

Q.: Peut-on expliquer les croyances collectives ?

R.: L'émergence des croyances collectives est complexe et ne peut être rationellement expliquée.

Q.: Quelles sont les conséquences de la disparition de croyances collectives ?

R.: La disparition d'une croyance collective aussi bien en sciences qu'en société entraîne automatiquement la mise en place de systèmes de substitution. C'est pour avoir méconnu cette règle que les physiciens newtoniens comme  relativistes n'ont pas encore intégré la physique quantique qui élimine les paradigmes: causaliste, de localisation et de temporalité, ainsi que l'axiome du continu.

Q.: Quels sont les signes de la stagnation américaine ?

R.: En 1970 l'Amérique dans son ensemble entre dans une phase de régression culturelle, particulièrement nette chez les blancs et les noirs, et généralement proche d'une stagnation. Cette stagnation se poursuit encore et il n'existe aucun signe d'un posible renversement de tendance. Cela est confirmé par la fuite des étudiants au sein de toutes les Universités,
même les plus prestigieuses comme Princeton, qui a perdu entre 1992 et 1994, environ un quart de ses effectifs étudiantins. Cette fuite quantitativement impressionnante, exprime une vaste désenchantement qui a atteint, aux Etats-Unis, toutes les strates jeunes de la société.

Q.: Quel est le lien entre la culture et la crise ?

R.: Ce déclin culturel est l'expression de l'entrée en crise des Etats-Unis, masquée artificiellement par un plein emploi obtenu par une baisse des salaires des plus pauvres, au dessous du minimum permettant de garantir l'accès aux soins médicaux pour conserver une bonne santé.

Q.: Quels sont les signes de la montée de l'illetrisme ?

R.: Les scores moyens américains, aussi bien mathématiques que verbaux sont passés en dessous de ceux de tous les pays d'Europe occidentale comme orientale, sans aucune exception. La plus riche et la plus puissante nation du monde a régressé culturellement mais non encore technologiquement ni industriellement. Cependant les statistiques faisant
apparaitre les niveaux de compréhension des textes, montre que dans l'univers technologique actuel fortement alphabétisé et numérisé plus de 20% d'américains sont en décalage par illetrisme par rapport à la modernité, contre 7 à 10% d'Européens de l'Ouest comme de l'Est.

Q.: Quelle est l'évolution des diplômes ?

R.: Entre 1875 et 1985, le nombre annuel de diplômés scientifiques, d'après la National Science Foudation, après avoir augmenté annuellement de 156 825 à 213 730 est retombé en 1992 à 173 099. Pendant cette dernière année l'Union européenne avait formé 214 000 diplômés scientifiques. Pendant le même temps l'ensembles des pays d'Asie développés ou en développement a formé 523 651 diplômés.

Q.: Quelle est l'évolution des études doctorales ?

R.: Si on compare le nombre d'étudiants ayant achevé des études doctorales en 1992 on obtient les chiffres suivants: 11 223 en Asie, 18 251 aux Etats-Unis et 25 310 en Europe. Entre 1986 et 1992 le centre de gravité scientifique du monde s'est déplacé d'Amérique du Nord en Europe, même si on doit être prudent dans les comparaisons de diplômes de valeurs soucvent inégales suivant les pays. Aucun paramètre économique de peut expliquer ce déplacement. Aucun paramètre monétaire non plus puisque en 1993 les Etats-Unis restent le pays qui dépense le plus pour l'éducation: 6,8% de son PIB, contre 5,9% en Allemagne et 4,9% au Japon. La réponse doit être recherchée au niveau des structures mentales individuelles invisibles qui déterminent des moeurs et des comportements sociaux.

Q.: Qu'est-ce que l'indice de fécondité ou taux de renouvellement des générations ?

R.: Les tendances aux déficits démographiques sont révélées par l'indice de fécondité, c'est à dire le nombre d'enfants par femme en âge de procréer. S'il est égal à 2,1 le renouvellement des générations est assuré. Pourquoi 2,1 et non 2, parceque la mortalité infantile des garçons est plus grande que celle des filles et leur espérance de vie à la naissance est aussi plus faible.

Q.: Qu'est-ce que le taux de remplacement des générations ?

C'est le nombre effectif de naissances par couples en âge de procréer au cours de l'intervalle d'une génération. Au dessous de 2,1 il n'assure pas le renouvellement des générations. A notre avis c'est, de tous, le meilleur indicateur pour connaitre et suivre l'évolution d'une population d'une année à la suivante, même si on n'en connaît pas l'effectif absolu. On remarquera qu'il tient compte des enfants des immigrés nés dans le pays considéré.

Q.: Quelle est la fiabilité du taux de remplacement des générations ?

R.: Ce dernier indice épidémiologique est, à notre avis, le plus fiable pour étudier l'évolution démographique du monde, ainsi que pour dresser un panorama de son état de santé, qui conditionne au moins en grande partie son futur. Il donne en une seule mesure la situation dans l'année et la tendance à la baisse s'il est inférieur à ce chiffre. Sur plusieurs années consécutives il donne, en plus, l'accélération ou la décélération éventuelles de la tendance évolutive.

Q.: Est-il possible de savoir avec précision la population de la planète ?

R.: S'il nous paraît très difficile, voire impossible, de savoir avec une relative précision combien nous sommes d'êtres humains vivant actuellement sur notre planète, le suivi régulier, au fil des ans, du taux de remplacement des générations, permet d'avoir une bonne vue d'ensemble de l'évaluation de la situation populationnelle d'un pays.

Q.: Comment calculer la diminution probable de la population de la planète ?

R.: En appliquant à rebours la formule des intérêts composés, on aboutit, pour une population de référence de 100 à la progression suivante de la récession démographique, pour des diminutions annuelles de populations cumulées d'une année sur l'autre, respectivement de un, trois et cinq pour cents:

              -1% l'an   -3% l'an   -5% l'an

après 1 an 99 97 95

après 2 ans 98,01 94,18 90,25

après 3 ans 97,03 93,29 85,5

après 4 ans 96,05 90,49 81,23

après 5 ans 95,09 87,77 77,17

après 6 ans 94,14 85,14 73,3

après 7 ans 93,2 82,6 69,63

après 8 ans 92,3 80,12 66,04

après 9 ans 91,4 77,7 62,73

après 10 ans 90,5 75,4 59,59

soit
en 10 ans  -9,5%  -24,6% -40,41%

Q.: Comment connaître le pourcentage de diminution de la population en une seule mesure ?

R.: Pour appréhender dans un pays, chaque année, de tels mouvements démographiques, la mesure du taux de remplacement des générations est la meilleure méthode et la plus rapide puisqu'il suffit d'une seule mesure pour connaître le porcentage de diminution de l'année. Si ce taux est de 2 seulement, il révèle une diminution de la population dans l'année de 3%. Si cette situation perdure pendant dix ans on voit que le résultat sera une baisse globale de 40,41% si rien ne vient compenser cette baisse de fécondité. Dans les faits, ce phénomène est souvent masqué par l'allongement de la durée de vie, la baisse de la mortalité infantile et les immigrations. A la lumière de ce que nous venons de voir on comprend mieux les fortes politiques d'immigration de certains pays ainsi que l'absurdité, du point de vue démographique de restreindre l'immigration plus particulièrement en France.

Q.: Quelle est la base statistique utile pour estimer les populations ?

R.: Comme base de départ nous nous référons à l'Annuaire statistique 1995, publié par l'UNESCO en 1996, donnant les estimations des populations, les superficies et les densités populationnelles par pays pour les années 1980, 1985, 1990, 1992 et 1993.

Q.: Après quel délai peut-on escompter une fiabilité suffisante de la population ?

R.:  Nous ne disposons pas, en 1996, de chiffres fiables postérieurs à 1993, compte tenu des délais d'établissement du comptage, en général réalisé en partant de la statistique précédente, corrigée par la différence entre les décès et les naissances et tenant compte, si possible, des flux migratoires, (mais ces derniers n'influent pas sur l'évolution de la population globale de la planète). Nous passerons donc en revue successivement, la démographie globale du monde, puis celle des continents, en les classant arbitrairement à partir de l'Europe, dans un ordre d'éloignement géographique croissant.

Q.: Quelle est l'évolution de la population entre 1992 et 1993 ?

R.: On remarque qu'entre 1992 et 1993, qui sont les deux dernières années pour lesquelles on dispose de chiffres officiels, les peuplements ont évolué, en faible hausse, toujours exprimés en milliers d'habitants, de la façon suivante:
Le Monde: hausse de 85 791 soit +1,57%
Afrique: hausse de 19 157 soit +2,86%
Amériques: hausse de 11 541 soit +1,56%
Asie: hausse de 53 733 soit +1,63%
Europe: hausse de 853 soit +0,12%
Océanie: hausse de 429 soit +1,57%
En résumé, seule l'Afrique a une population en hausse nettement plus forte que chacun des autres continents. L'Asie, les Amériques et l'Océanie ont une hausse moyenne de 1,6%. Seule l'Europe a une hausse faible de 0,12%.

Q.: Quelles sont les raisons d'une mauvaise éducation ?

R.: La mauvaise hygiène, qui va de pair avec une mauvaise santé, est un frein majeur au développement. Elle vogue de concert avec la sous-éducation. En effet, des travaux récents ont confirmé l'existence de liens étroits entre la santé, la fréquentation scolaire, le niveau d'instruction et l'insertion sociale.

Q.: Quelle différence y a-t-il entre analphabétisme et illetrisme ?

R.: L'analphabétisme, est le fait de ne pas savoir lire, alors que l'illetrisme est le fait de ne pas comprendre ce que l'on lit.

Q.: Quelle est la répartiton de l'analphabétisme et de l'illetrisme ?

R.: En 1990 l'analphabétisme, le fait de ne pas savoir lire, (à ne pas confondre avec l'illetrisme, le fait de ne pas comprendre ce que l'on lit), est très inégalement réparti sur la surface de la planète et il y a un écart important entre les hommes et les femmes, surtout dans les pays en développement. En effet, dans les pays développés, la scolarisation des
filles et des garçons est quasi identique, alors que dans les pays en développement il y a, en moyenne, 22% de moins de filles scolarisées, le record étant de 26% dans le monde arabe, tout ceci en 1990.

Q.: Quelle est la répartition dans le monde de l'enseignement obligatoire ?

R.: Rappelons que sur les 199 pays du monde, 26 n'ont, en 1990, aucun enseignement obligatoire et, dans 50 pays, la durée de la scolarisation obligatoire est inférieure ou égale à 6 ans. Dans les pays développés on pense généralement que la totalité de la population sait lire et écrire. Mais, depuis 20 ans environ, le nombre d'illettrés ne cesse de croître, car un plus grand nombre d'enfants illettrés atteignent l'âge adulte.

Q.: Quel est le processus biologique qui entre en compte dans la baisse da la fécondité humaine ?

R.: On savait déjà, depuis 1914, qu'un processus biologique naturel de régulation de la fécondité humaine s'était déclanché dans certains pays d'Europe, dont la France. Récemment on constate d'après les statistiques de l'Organisation mondiale de la santé, qu'entre 1970 et 1993, soit en 24 ans, la fécondité des couples, mesurée par le taux de remplacement des générations, a chuté considérablement, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés. Le taux de remplacement des générations est passé, en moyenne générale sur toute la planète, de 4,7 à 3, soit sur une génération, une diminution considérable en valeur relative populationnelle de 57,5%. Dans les pays industrialisé comme en Europe ou aux États-Unis, le taux de remplacement des générations était à cette date de 1,8.

Q.: Quel est le facteur principal de la baisse de la fécondité des spermatozoïdes ?

R.: C'est un facteur principalement biologique qui semble en être  responsable. La qualité et la mobilité des spermatozoïdes humains ont prodigieusement diminué dans toutes les populations, quelque soient leurs niveaux de développement et le climat sous lequel elles vivaient. Or on sait que la fécondité humaine, comme la fécondité animale, est directement proportionnelle à cette qualité et cette mobilité des gamètes mâles, qui leur est notamment nécessaire pour franchir la barrière physique du mucus visqueux du col de l'utérus.

Q.: Quels sont les pays qui dès 1970 avaient un taux de remplacement des générations inférieur à 2 ?

R.: En 1970, le taux de remplacement des générations qui, normalement, en cas d'équilibre de la population devrait être voisin de 2,1 par femme, était déjà descendu à 2 au Japon et en Hongrie.

Q.: Qu'est-ce qui marque au Nord un tournant dans l'évolution des mentalités en matière de procréation ?

R.: L'année 1970 marque au Nord, un tournant dans l'évolution des mentalités. Du point de vue des comportements socialement admis vis à vis de la procréation, c'est la fin, en Europe, d'une époque de magnification de la fécondité féminine héritée du paléolithique, qui aura duré environ dix mille ans.

Q.: A quand remontent les méthodes de régulation physico-chimique des naissances ?

R.: 1.500 ans avant notre ère, les Égyptiens, puis plus tard les Grecs et les Latins, pratiquaient la régulation des naissances par diverses méthodes contraceptives physico-chimiques.

Q.: Pour quelle raison a-t-on magnifié le culte de la fécondité ?

R.: Les religions monothéistes modernes ont repris à leur compte et magnifié le culte païen de la fécondité, ce qui était évidemment une nécessité pour la survie de la famille lorsque l'espérance de vie humaine était inférieure à 30 ans et que l'homme n'avait que ses seuls bras pour travailler. Il fallait de nombreux enfants pour travailler la terre et nourrir leurs parents sur leurs relatifs vieux jours.

Q.: Quelle fut la différence démographique entre pays riches et pays pauvres ?

R.: Le clivage entre pays développés et pays en développement était au début du siècle très net. En Afrique, avec un taux de remplacement des générations de 6,5 et en Amérique Latine de 6,1, la fécondité exprimée par ce taux, est plus haute qu'en Asie où le taux est de 5,8, (Japon exclu). L'Europe, l'URSS et l'Amérique du Nord stagnent autour de 2,5. Le Kenya avec 8,1 et le Yémen avec 8, détiennent alors le record mondial du taux de remplacement des générations.

Q.: Quelle est la situation de la fécondité humaine en 1994 ?

R.: En 1994, voici les pourcentages de femmes, en âge de procréer, qui ont eu recours à la planification familiale, par rapport à l'ensemble de la population. Par grandes régions:
Afrique 65%, Asie du Sud-Est 73%,  Méditerranée orientale 41%,
Par degrés de développement.
Tous pays en développement 33%, dont, pays les moins avancés, 56%, autres pays en développement, 21%.

Q.: Quelle a été depuis deux siècle l'attitude sociale vis à vis de la fécondité ?

R.: Examinons le cas particulier de la France, où règne depuis la Révolution française, après l'abolition du droit d'aînesse, une certaine religiosité construite autour du transfert des patrimoines des classes aisées, de générations en générations, ce qui a induit, dans les populations rurales principalement, l'attrait d'une famille avec quelques filles et surtout un fils unique pouvant exploiter la terre sans la morceler au fil des successions. La lenteur bien connue des évolutions sociales, liée à l'inertie classique des mentalités, a freiné dans les autres couches de la population cette tendance volontaire à la baisse de la natalité. Pour tenter de contrer cette tendance fut créé sur les fonds légués à leur mort en 1925 et 1928 par Mme et M. Cognacq-Jay un prix qui porte désormais leur nom, attribué par l'Académie
française, à des familles nombreuses méritantes de plus de dix enfants pour les montrer en exemple. Pendant ce temps, du fait des progrès continus de l'hygiène et de la médecine, la mortalité des personnes âgées diminuait, ce qui a compensé et même inversé en France la tendance générale à la diminution globale de la population.

Q.: Comment s'est faite la transition vers la famille nucléaire moderne ?

R.: Dans le monde, la transition vers ce que l'on nomme la famille nucléaire moderne, qui comprend deux parents et deux ou trois enfants, ne s'est faite, dans les couches aisées de la population, qu'à la fin du XIXe siècle, d'abord dans des pays en rapport de proximité avec la culture française, Wallonie, canton de Genève, Piémont et Catalogne. Puis l'Angleterre, l'Allemagne et la Suède emboîtèrent le pas. Lorsque se déclenche la première guerre
mondiale, la baisse du nombre moyen d'enfants dans les familles est effective dans toute la population d'origine européenne, aussi bien résident en Europe même, qu'outre-mer, en Amérique ou en Afrique par exemple. Après la seconde guerre mondiale, la baisse s'étend à des pays plus éloignés, soit en Europe comme la Bulgarie, la Grèce, la Roumanie, la
Yougoslavie, le Portugal, soit hors d'Europe, au Japon, au Chili, à Cuba, en URSS et en Palestine. Puis, après 1970, elle touche les pays colossaux que sont l'Inde et la Chine, qui s'engagent pour accélérer cette évolution dans des programmes de restrictions autoritaires des naissances.

Q.: Quelle est l'évolution démographique du Japon ?

R.: Au Japon, on constate actuellement un vieillissement rapide de la population. La population globale était, en 1993, de 124 536 000 habitants. Le Japon avait alors une densité de 330 habitants au km2, comparable à celle de la Belgique, mais avec une répartition plus hétérogène, car la Belgique n'a pas de chaînes montagneuses comme le Japon. La baisse de la natalité, dont les Japonais n'ont que récemment pris conscience, est spectaculaire, surtout dans la plus grande ville du monde qu'est Tokyo. Le taux de remplacement des générations est descendu en dessous de 1,7 en 1995. Il était encore de 2 en 1970.

Q.: Qelle est l'évolution démographique des pays de l'Europe centrale et orientale ?

R.: Dans la Communauté des États Indépendants, et dans certains pays issus du démantèlement d'une grande partie de l'ex-Union soviétique, et plus particulièrement en Russie, mais aussi en Ukraine, dans les Pays Baltes, en Moldavie, en Géorgie, au Kazakhstan, la baisse du taux de remplacement des générations est prouvée par un indice de 1,7 en 1991, descendu en 1996, entre 1,4  et 1,3 suivant les pays cités, rejoignant ainsi la situation actuelle des pays de l'Union Européenne.

Q.: De quand datent les signes précurseurs de décélération de la fécondité humaine ?

R.: Longtemps après en avoir perçu les premiers signes précurseurs dès avant 1914, on a constaté, au moins depuis 1980, dans le monde entier, une décélération générale de la fécondité humaine.

Q.: Quelle est la situation démographique de la CEE à la fin des années 70 ?

R.: La CEE, vers la fin des années 70, connnaissait selon le critère de mesure alors accepté, un «taux d'accroissement de population naturel annuel moyen», (excédent des naissances sur les décès), de 4,7%. Les pays où ce taux était le plus faible sont, l'Allemagne et le Luxembourg, avoisinant 1%. Au sommet on trouve l'Irlande et l'Espagne 10%. A égale distance de ces extrêmes, se situaient la France et l'Italie 5%, puis, un peu plus bas, le Royaume-Uni 3%.

Q.: Quelle a été la baisse de la fécondité dans la CEE entre 1965 et 1985

R.: La baisse de la fécondité dans la CEE a été profonde et spectaculaire entre 1965 et 1985. Cette baisse n'est plus mesurée par le taux d'accroissement de population naturel annuel moyen, mais par le taux de remplacement des générations qui est plus précis. Il est tombé de 2,6 à 1,6 entre ces deux dates. Depuis 1985 il a continué à baisser et dix ans après, en 1995, il est descendu à 1,3 en moyenne, sans que ce chiffre, trop récent, puisse être complètement fiable. Dans tous les cas, le chiffre réel est situé entre 1,6 et 1,3 et, acceptons le, probablement plus près de 1,3 que de 1,6.

Q.: Quel est la situation mondiale de la fécondité humaine ?

R.: Pour l'ensemble du monde, le taux de remplacement des générations était de 4,7 en 1970, il est descendu à 3 en 1993. Bien que les chiffres de 1995 aient besoin d'être confirmés, il serait à cette date de 2,7 et il est en continuelle baisse.

Q.: Comment évolue le taux de remplacement des générations ?

R.: Il est évident que le taux de remplacement des générations évolue parallèlement à la fécondité, sauf événements surajoutés et catastrophiques comme les guerres, les génocides ou les catastrophes naturelles de grande ampleur. Mais de tels événements n'affectent la population que d'une petite partie du globe. De même, les migrations n'ont aucun retentissement sur la population totale, alors qu'eles peuvent grandement affecter les répartitions régionales ou locales.

Q.: Une stabilisation démographique est-elle en vue ?

R.: Sauf renversement rapide et bien improbable de cette tendance, en cette fin de siècle, du fait de la décélération de la fécondité humaine, mise en évidence par la baisse du taux de remplacement des générations, nous entrons dans une phase progressive mondiale de stabilisation démographique.

Q.: Qu'est-ce qui masque la progression vers la stabilisation démographique ?

R.: Le retentissement de cette baisse sur la démographie globale, a été partiellement masqué à nos yeux par deux phénomènes compensatoires, l'augmentation quasi générale de la longévité et la diminution de la mortalité infantile. Cette phase de stabilisation dans laquelle nous entrons doit logiquement perdurer au moins pendant environ une génération, soit jusqu'à l'horizon 2 020, puisque la natalité actuelle  ne se répercutera sur les générations à venir, que dans vingt ans, lorsque les nourissons d'aujourd'hui aurant atteint l'âge d'avoir, à leur tour, des enfants.

Q.: Y aura-t-il une baisse de la population mondiale à terme ?

R.: Cette phase de population globale stable, s'il n'y a pas de renversement de la baisse du taux de remplacement des générations, sera fort inéluctablement suivie, dans deux générations, d'une baisse progressive de la population planétaire, lorsque les nourissons de 2 020 auront à leur tour atteint l'âge d'avoir des enfants, soit vers 2 050.

Q.: Y a-t-il une extension de la baisse de la fécondité humaine dans les pays du Sud ?

R.: Rien n'indique actuellement que la baisse de la fécondité humaine, constatée à l'aide de la baisse du taux de remplacement des générations dans tous les pays du Nord, ne continue pas à s'étendre aux pays du Sud où elle est déjà largement amorcée amorcée. Rien n'indique de plus qu'elle soit sur le point de changer de tendance dans le monde. Même si elle se stabilisait maintenant dans les pays développés, les pays en développement nous ayant emboîté le pas avec un décalage dans le termps, vont poursuivre leur baisse jusqu'à atteindre fort probablement le même point que nous. Ce que nous vivons en cette fin de siècle est un phénomène biologique de régulation naturelle de l'excès de la population humaine à la surface de la terre.

Q.: Que peut-on dire de la population mondiale au début du prochain siècle ?

R. La population planétaire, qui atteindra environ 5,7 milliards d'individus vers  l'an 2 000, redescendra vers cinq milliards d'habitants ou même moins, vers le milieu du prochain siècle. Il est impossible de donner plus de précisions, car nous ne savons pas si le taux de remplacement des générations le plus faible actuellement constaté (0,8 dans le nord du Piémont en Italie) ne va pas être atteint ou même dépassé à la baisse par de plus en plus de pays. Si cela était le cas, la chute démographique serait brutale comme le montrent les chiffres suivants établis en appliquant à rebours la formule des intérêts composés. Pour une population de départ de six milliards, on a les diminutions démographiques suivantes, basées sur la diminution du taux de remplacement des générations. Si la diminution est de 1% l'an, 10 ans après nous ne serons plus que 5 430 millions d'habitants. Et si la baisse est de 3% l'an, 10 ans après nous ne serons plus que de 4 524 millions d'habitants, soit une diminution globale 9,5% dans le premier cas et de 24,6% dans le second.

Q.: Quelle est la prospective démographique du monde ?

R.: On mesure bien ce qui nous guette vers 2 030, soit dix ans seulement après la phase de stabilisation dans laquelle nous entrons et qui durera probablement vingt ans. La population planétaire sera, au mieux proche de cinq milliards et demi, au pire, proche de quatre milliards et demi d'habitants. Ce mieux et ce pire étant fort relatifs suivant les points
de vue adoptés. Un mieux écologique état perçu comme un pire par les économistes. Ainsi se confirment les vue prémonitoires de François Ramade qui écrivait en 1981, «si l'humanité actuelle se révélait incapable de réguler volontairement sa propre population, la nature s'en chargera».

Q.: Comment et où a progressé la baisse du taux de remplacement des générations ?

R.: Remarquons qu'il n'y a pas d'uniformité à l'échelle du monde dans la baisse du taux de remplacement des générations. Elle a commencé à se généraliser, dès avant 1914, en Europe de l'Atlantique à l'Oural (Portugal, Yougoslavie et Grèce exclues), ainsi qu'en Amérique du Nord, en Argentine, en Uruguay, en Australie et en Nouvelle Zélande. De 1915 à 1939, cette baisse a gagné le Portugal, Cuba, le Chili, la Yougoslavie, la Grèce et l'URSS. De 1940 à 1969, on constate une telle baisse en Turquie et en Égypte, au Brésil et en Amérique centrale, Mexique excepté.
De 1970 à 1990, ce furent le tour du Maghreb, de l'Afrique du Sud, de la Tanzanie, de Indonésie, du Moyen Orient et de l'Extrême Orient, (sauf Arabie Saoudite, Pakistan, Népal et Laos). Depuis environ trente ans la baisse du taux de remplacement des générations s'est progressivement étendue à presque toute la planète. Les zones géographiques où le taux de remplacement des générations semble encore en hausse, sont réduites à quelques régions de l'Afrique au sud du Sahara, (Afrique australe exclue). En effectif populationnel cette hausse ne touche plus que 8% de la population mondiale, alors qu'en 1965 cela en touchait 71%. La comparaison entre ces deux chiffres nous semble la plus forte confirmation de l'extension progressive du phénomène de diminution du taux de remplacement des générations, ainsi que de sa probable irréversibilité, au moins à court terme. Personne ne s'attendait, il y a trente ans, à une chute aussi rapide, ce qui démontre bien que, derrière la complexité et la multiplicité des facteurs économiques et sociaux qui peuvent en être partiellement responsables, domine un facteur biologique commun à toute l'humanité.

Q.: Quels sont les facteurs probables qui interviennent dans la baisse de la fécondité humaine ?

R.: Outre le facteur biologique intrinsèque, d'autres facteurs accélèrent encore cette tendance. Ce sont essentiellement des facteurs environnementaux extrinsèques surtout climatiques et sanitaires, ainsi que des facteurs socio-culturels.

Q.: Les facteurs climatiques interviennent-ils dans la baisse de la fécondité humaine ?

R.: Les facteurs climatiques interviennent en premier lieu. Ils provoquent la désertification de zones géographiques de plus en plus considérables, ce qui induit une sous-alimentation chronique d'environ un milliard d'individus. De ce fait ces hommes et femmes  ne se reproduiront plus ou presque plus. S'ils se reproduisent, l'espérance de vie de leurs descendants faméliques sera inférieure à l'âge nubile. Cela provoquera leur quasi extinction en deux générations au plus. Ce processus est en cours par exemple à la périphérie de la zone sahélienne africaine qui ne cesse d'étendre sa désertification.

Q.: Les facteurs technologiques interviennent-ils dans la baisse de la fécondité humaine ?

R.: Des facteurs technologiques humains accentuent cette désertification par la sur-exploitation sauvage des ressources énergétiques et biologiques. Pensons à la destruction, dans les temps historiques, des forêts tempérées de l'ancien monde, suivie actuellement par celle des forêts inter-tropicales d'Afrique et d'Amérique. Pensons aussi, en Europe et surtout en Amérique du Nord, à la sur-exploitation désertifiante des sols agricoles artificiellement sur-fertilisés.

Q.: Les facteurs sanitaires interviennent-ils dans la baisse de la fécondité humaine ?

R.: Les facteurs sanitaires sont à prendre en compte. Les pandémies des zones intertropicales, comme celle du paludisme et de beaucoup d'autres pour lesquelles on ne dispose d'aucun moyen de lutte économiquement efficace, sont accentuées par une malnutrition chronique des populations. D'après l'OMS, plus de deux milliards d'hommes vie et diminue leur taux de reproduction.

Q.: Les facteurs sociologiques interviennent-ils dans la baisse de la fécondité humaine ?

R.: La baisse du taux de remplacement des générations se produit même dans les pays où l'absence de protection sociale et le faible niveau d'industrialisation encourage les familles nombreuses.

Q.: Quelles sont les conséquences du développement des moyens de communication ?

R.:Le développement planétaire des moyens de communication tels que radio, télévison, cinéma, presse, a porté à la connaissance des populations des villes autrefois les plus isolées, l'exemple de la famille nucléaire moderne, réduite à quatre ou cinq membres . Ces exemples propres jusqu'ici aux pays du Nord, industrialisés, brillent pour elles comme des phares de luxe et d'apparente harmonie.

Q.: Les facteurs économiques interviennent-ils dans la baisse de la fécondité humaine ?

R.: Des facteurs économiques entrent aussi en compte. En cette période de récession planétaire, la polygamie régresse au Sud et les familles nombreuses disparaissent au Nord, ce qui diminue d'autant le nombre d'enfants à naître lors des générations suivantes. Celà contre-carre efficacement les effets contraires des propagandes dogmatiques de fanatiques religieux qui s'en tiennent à la lettre de textes multimillénaires, transmis avec des imprécisions de traductions en traductions, et complétement devenus obsolètes du fait de l'évolution.

Q.: Les concentrations urbaines interviennent-elles dans l'appréciation de la population d'un pays ?

R.: L'extrême concentration urbaine masque aux touristes qui visitent les grandes villes, la réalité démographique d'un pays, car elle s'accompagne d'un dépeuplement massif des milieux ruraux qui leur est beaucoup moins immédiatement apparent. Si les habitants des villes ont en général un taux de fécondité plus bas, ils ont généralement aussi un taux de mortalité plus faible, ce qui fait que les zones urbaines  enregistrent une croissance naturelle de la population. La croissance additionnelle peut être due aux migrations. Le taux de croissance moyen des villes du monbde entre 1985 et 1990, selon l'OMS a été estimé aux alentours de 2,7%.

Q.: L'hypertrophie des villes est elle une donnée caractéristique de l'ère industrielle ?

R.: En 1900, seule 10% de la population mondiale vivait dans des villes et il n'y avait que quatre agglomérations de plus de deux millions d'habitants, Londres, New-York, Paris et Berlin. En 1950 la proportion est passé à 29% et en 1985 à 42%, avec une centaine de villes ayant dépassé les deux millions d'habitants, dont 60 dans les pays moins développés. La population urbaine est ainsi passée de 160 millions en 1 900 pour l'hémisphère nord à
735 millions en 1950, puis deux milliards en 1985. Ainsi la progression des mégalopoles est-elle devenue un phénomène mondial. On le constate aussi bien en Afrique, où certaines villes ont vu leur population doubler en 10 ans, qu'en Amérique centrale et Latine. Dans les pays pauvres les plus peuplés, (Mexique, Brésil et Argentine), le taux d'urbanisation est
analogue à celui des pays développés. Il oscille entre 70% pour le Mexique et 85% pour l'Argentine. L'Asie est une exception. Les masses rurales sont prédominantes à 70% au Pakistan, à 75% en Inde et en Indonésie, à 80% en Chine, en Thaïlande et au Vietnam, à 88% au Bengladesh. Il y a aussi de fortes concentrations urbaines dans les pays pétroliers du golfe persique et dans les pays industrialisés d'Asie, Japon, Taïwan et Corée.

Q.: L'urbanisation engendre-t-elle des conditions de vie acceptables pour tous ?

R.: Dans le tiers-monde la crise urbaine génère des bidonvilles et des favellas, qui ne sont pas absents des grandes banlieues des mégacités des pays industrialisés. Cela induit partout de mauvaises conditions de vie, engendrées par la précarité, la malnutrition et l'absence d'hygiène. Tout cela va dans le sens d'une réduction démographique à terme.

Q.: Quels sont les facteurs naturels qui interviennent dans la baisse de la fécondité humaine ?

R : Dans les processus de décélération démographique ne comptent que pour mille fois moins les conséquences des catastrophes naturelles, (inondations, séïsmes, éruptions volcaniques, typhons, cyclones), celles des guerres, même mondiales, ainsi que celles des épidémies récentes comme celle du Sida. Tous ces facteurs confondus ne font actuellementn disparaître, en vingt ans, que quelques millions d'hommes en âge de procréer et non pas des centaines de millions.

Q.: Qu'est-ce qui masque actuellement la réalité de la situation planétaire de la démographie ?

R. Il est très difficile de chiffrer la résultante combinée de tous ces facteurs. Ce que l'on peut certainement dire, c'est qu'ils vont tous dans le même sens, à savoir une diminution de la population à venir de la planète. Le phénomène nous est masqué, à son début, par la surpopulation effective actuelle, souvent volontairment surestimée lors des estimations
mondiales, pour des raisons économiques et culturelles, car des familles nombreuses sont traditionnellement une richesse, une assurance sur l'avenir dans les pays pauvres. Pour les gouvernants, une population globale forte entraîne la facilitation de l'obtention d'une assistance internationale financière au développement, ainsi que des investissements industriels.

Q.: Comment mieux cerner l'évolution de la population de la planète ?

R.: Il a fallu adopter un changement radical de point de vue, en partant d'enquêtes épidémiologiques, exprimées par le taux de renouvellement des générations, pour mieux saisir l'évolution démographique à venir de l'humanité.

Q.: La pollution intervient-elle dans l'évolution de la fécondité humaine ?

R.: Bien que ce soit difficilement chiffrable, la pollution inervient comme facteur de risque accru de contamination par des germes pathogènes virulents, principalement dans les voies digestives et respiratoires ?

Q.: Serons-nous quatre milliards d'hommes d'ici le milieu du siècle prochain ?

R.: C'est une question qu'il faut se poser, même si nous ne pouvons y apporter de réponse certaine et numériquement fiable. En effet, comme l'a démontré Hervé Le Bras, la quasi totalité des prévisionnistes du passé s'étant trompés en pronostiquant 10 à 12 milliards à cet horizon, il paraît prétentieux de prétendre pouvoir faire mieux qu'eux, même en sens inverse.

Q.: La population de notre planète se stabilise-t-elle ?

R.: La population actuelle de la planète est estimée être en cours de stabilisation autour de 5,5 milliards d'hommes, plus ou moins 200 millions. Tout laisse à penser que c'est plus probablement 5,3 milliards d'âmes, plutôt que 5,7 milliards, qu'il faut retenir. Mais là n'est pas l'essentiel du problème, il est dans le chiffrage prévisionnel des conséquences de la
baisse générale planétaire et incontestable de la fécondité humaine, mesurée par le taux de remplacement des générations.

Q.: Quelles sont les onséquences probables de la baisse de la population planétaire ?

R.: Ce qui est certain, c'est que si la tendance actuelle à la baisse persiste pendant encore une génération, d'ici deux générations, soit autour du milieu du siècle prochain nous serons plus proches de quatre milliards que de cinq.

Q.: Quel est le mécanisme de base de la progression scientifique de la recherche ?

R.: C'est un mécanisme de destruction - reconstruction. Une pensée scientifique ne progresse qu'en détruisant des certitudes antérieures. Un développement sociétal ne se fait qu'en construisant du neuf sur les décombres des certitudes perdues.

Q.: Qu'est-ce qui caractérise le progrès dans une société ?

R.: Le progrès sociétal est, depuis toujours, caractérisé, bien plus par des avancées créatives audacieuses, que par des prévisions logiques linéairement extrapolées à partir du présent. C'est ainsi qu'on a pu dire que c'est l'imprévu qui fait bouger les choses, pas le prévisible.

Q.: Quel est le paradoxe économique en démographie ?

R.: En caricaturant la situation, disons que la stabilité démographique actuelle donne la fièvre aux économistes, alors que paradoxalement, la fièvre démographique est, pour eux, le signe révélateur d'une bonne santé. Cela paraitraît être l'inverse aux yeux des biologistes qui étudient les mécanismes de la vie, des éthologistes qui étudient les comportements des êtres vivants, et des écologistes qui étudient les relations des êtres vivants avec leur milieu.

Q.: Quels sont les conséquences des idéologie démographiques ?

R.: Au lieu de réfléchir posément sur l'évolution populationnelle contemporaine, les idéologues plantent une cible dans un paysage futur abusivement simpliste et confondent ensuite cette cible avec un hypothétique, mais obligatoire, point final d'arrivée, alors que le point final réel en sera souvent fort éloigné.

Q.: Qu'est-ce que le monde ?

R.: Le monde n'est ni un continent, ni une race, ni une religion, ni un état, ni une ethnie, ni un parti, ni une église, ni une ville, ni un quartier, ni un immeuble, ni un logement, ni une famille, ni un individu, c'est, selon l'informaticien américain Douglas Hofstadter une hiérarchie enchevêtrée de tout cela. Bien malin sera le prévisionniste  capable de prendre en compte tous les facteurs interrelationnels de cette complexion sociétale, pour en tracer le futur, ne serait-ce simplement que du point de vue démographique.

Q.: Quel est le paradoxe économique en démographie ?

R.: En caricaturant la situation, disons que la stabilité démographique actuelle donne la fièvre aux économistes, alors que paradoxalement, la fièvre démographique est, pour eux, le signe révélateur d'une bonne santé. Cela paraitraît être l'inverse aux yeux des biologistes qui étudient les mécanismes de la vie, des éthologistes qui étudient les comportements des êtres vivants, et des écologistes qui étudient les relations des êtres vivants avec leur milieu.

Q.: Quels sont les conséquences des idéologies démographiques ?

R.: Au lieu de réfléchir posément sur l'évolution populationnelle contemporaine, les idéologues plantent une cible dans un paysage futur abusivement simpliste et confondent ensuite cette cible avec un hypothétique, mais obligatoire, point final d'arrivée, alors que le point final réel en sera souvent fort éloigné.

Q.: Qu'est-ce que le monde ?

R.: Le monde n'est ni un continent, ni une race, ni une religion, ni un état, ni une ethnie, ni un parti, ni une église, ni une ville, ni un quartier, ni un immeuble, ni un logement, ni une famille, ni un individu, c'est, selon l'informaticien américain Douglas Hofstadter une hiérarchie enchevêtrée de tout cela. Bien malin sera le prévisionniste  capable de prendre en compte tous les facteurs interrelationnels de cette complexion sociétale, pour en tracer le futur, ne serait-ce simplement que du point de vue démographique.
 

le 30 03 1999