Structure de l'oreille
Pour comprendre l'importance de l'oreille et de l'écoute dans
l'évolution animale en général et de l'homme
en particulier, rappelons quelques notions anatomiques essentielles
de l'oreille..
On distingue 3 étages: oreille externe avec son conduit auditif
fermé par le tympan qui est un collecteur des sons et un adaptateur
d'impédance, autrement dit, il harmonise les fréquences
de résonance du vestibule et de la cochlée.
L'oreille moyenne est une cavité située derrière
le tympan et qui contient un labyrinthe osseux contenant les osselets:
marteau, enclume et étrier. Le muscle de l'étrier a
un rôle essentiel, il contrôle la tension du tympan et
régule ainsi la pression du liquide labyrinthique. Il joue
un rôle déterminant dans le maintien de la verticalité
du corps.
L'oreille interne est enchâssée dans l'oreille moyenne
et est protégée par une coque osseuse dense. Elle contient
le labyrinthe membraneux qui lui même contient l'utricule, les
canaux semi-circulaires, le saccule, la lagaena (uniquement chez les
oiseaux) et la cochlée, ainsi nommée car enroulée
en colimaçon.
Evolution de l'oreille
Chez les poissons, l'utricule est la première structure apparue.
Ses nerfs utriculaires contrôlent l'horizontalité
du corps en équilibre hydrostatique dans le milieu aquatique,
puisque la tête des poissons est immobile par rapport à
leur corps.
Dans un banc chaque poisson tient sa place en captant en permanence
des données sensorielles optiques et ondulatoires provenant
des de ses voisins. Comme l'a fait remarquer J. Costagliola, il adapte
sa conduite en fonction de sa vision et des renseignements fournis
par ses yeux et sa ligne latérale sensible aux différences
ondulatoires de pression de l'eau. Cette ligne latérale est
un organe linéaire qui fait le tour des yeux et du corps
de l'animal de la tête à la queue sur le plan médian
équatorial. Cet organe est tapissé de neurones
ressemblant aux cellules de l'oreille interne des vertébrés
terrestres, mais ici elles sont situées au fond d'une crevasse..
En permanence le poisson compare l'attraction avec ses voisins fournie
par ses yeux et la répulsion fournie par la pression des ses
semblables à distance sur sa ligne latérale.
Les reptiles qui peuvent redresser la tête, ont des canaux semi-circulaires
qui définissent leur orientation spatiale par les neurones
ampullaires et un saccule qui détecte la verticalité
avec les neurones sacculaires.
Quant aux oiseaux ils ont, en plus, la lagaena, qui leur permet une
grande mobilité de rotation du cou. Une chouette peut effectuer
avec sa tête une rotation de 340°.
Chez les Mammifères, avec son apogée chez l'homme, se
développe la cochlée qui discrimine les fréquences
des sons à l'aides des neurones cochléaires.
Nos cinq sens intégrateurs
Il y a cinq intégrateurs qui ont construit progressivement
les individualités animales au cours de l'évolution.
Ils fonctionnent toujours actuellement au cours de notre embryogenèse
ainsi qu'à l'état adulte. Comme leur nom l'indique,
ces intégrateurs contrôlent dans les corps des êtres
vivants un ensemble d'organes et de fonctions qui nous font vivre.
- L'intégrateur archaïque du rhinencéphale, contrôle
nos émotions.
- L'intégrateur primitif somatique, labyrinthique et vestibulaire,
induit le système nerveux qui contrôle la statique et
les mouvements du corps. Il se construit à partir de la "placode
auditive" dès les premiers jours de la vie embryonnaire.
- L'intégrateur linguistique, cochléaire, contrôle
jour et nuit l'écoute et le langage, et à l'aide des
circuits neuronaux qui relient la cochlée au cerveau, trie
les signaux qui modèlent la morphologie humaine par résonance
accordée.
- L'intégrateur visuel, nous permet de nous situer pendant
le jour dans notre environnement.
- L'intégrateur pyramidal, est un faisceau de fibres nerveuses
issues de cellules pyramidales qui descendent vers les muscles moteurs
de notre corps. Il assure l'équilibre et la coordination de
tous nos mouvements.
L'intégrateur linguistique
Il est le plus important. En effet le nerf vague de la dixième
paire crânienne,. non seulement innerve la partie externe
du tympan et du conduit auditif externe, mais aussi réalise
la presque totalité du système sympathique ou adrénergique,
qui mobilise nos énergies pour nous permettre de réagir
à notre environnement.
Ce sont les muscles du marteau et de l'étrier qui assurent
l'accomodation auditive, le premier adapte la tension du tympan, le
second régule l'oreille interne en harmonisant les séquences
rythmiques vestibulaires et les séquences fréquencielles
dans la cochlée.
Eco - Echos
Nous ne pouvons vivre sans échos c'est à dire sans actions
et rétroactions entre nous mêmes et notre environnement.
Souvenons-nous que notre oreille droite est généralement
directrice et que, pour bien me situer dans mon environnement lorsque
je suis seul, je parle, je chantonne, je sifflote. Je sais intuitivement
que les sons graves sont réverbérés par le sol
et les sons aigus par le plafond d'une pièce. Je profite des
deux lorsque je suis debout ou assis, alors que couché je discrimine
mal les sons aigus.
Notre peau est perméable aux sons et aux infrasons. Cela n'est
pas insolite puisque oreille et peau ont la même origine embryologique.
Par résonance, ils massent ou lèsent lorsqu'ils sont
excessifs les organes sous-jacents.
Parmi les chants, le chant grégorien est celui qui est le plus
en harmonie avec les rythmes corporels fondamentaux du respir et du
coeur. La musique de Mozart, selon Tomatis, est celle qui intègre
le mieux tout l'éventail des sons jadis perçus par le
foetus que nous étions alors en équilibre hydrostatique
dans le liquide amniotique du ventre de notre mère, avec les
sons qu'adultes nous entendons.
Pour plus d'informations consulter <<L'homme
et son langage>> par Marcel V. LOCQUIN aux éditions
du Muséum d'Histoire Naturelle de Lyon