TRANS-SCIENCE SOMMAIRE A.F.I. BIBLIOGRAPHIE LIENS CONTACT
STRUCTURE ARCHETYPALE
DE LA LANGUE FRANCAISE
par Marcel V. LOCQUINNous avons abordé l'analyse archétypale de la structure de la langue française vers 1970. L'approche de notre équipe fut guidée par un a priori théorique aussitôt vérifié expérimentalement. Nous sommes partis avec l'idée que le langage avait été développé par l'homme pendant plus de deux millions d'années, surtout pour pouvoir exprimer des concepts immatériels, autrement dit idéels, comme l'idée de faim, de chasse, d'amour ou celle de fécondité. Où trouver les racines symboliques de ce langage? Il nous fallait avoir, au préalable, une méthode permettant de détecter, par nos sens, un hypothétique effet des symboles géométriques sur notre être. Nous en étant alors
entretenu avec un cardiologue réputé, le Professeur Paul Padovani, nous avons cherché à utiliser certains aspects des électrocardiogrammes pour ce faire. Comme les pictogrammes les plus anciens de l'art pariétal, abondent en figures géométriques simples, nous avons recherché l'éventuel impact émotionnel induit par la vue de chacune, détecté par ce que l'on pourrait qualifier de "réflexe psycho-vasculaire", autrement dit par la variation de la forme du signal électrique accompagnant l'embol sanguin propulsé par le coeur à chaque contraction ventriculaire.En un premier temps, parmi plus d'un un millier de figures géométriques simples, extraites de diverses sources mathématiques actuelles et traditionnelles, nous avons sélectionné les cinquante qui avaient induit un effet très facilement visible sur l'écran de l'oscilloscope qui affichait le signal. Cette variation électrique qui accompagne la variation de pression locale au niveau d'une artère peut être également détectée par une prise du pouls par des doigts exercés, soit à la façon chinoise, soit à la façon des auriculo-médecins selon la méthode de Nogier.
Les figures les plus actives furent, sans ambiguïté possible: le cercle, le triangle, le W, la sinusoïde, certaines lettres grecques comme alpha minuscule ou oméga majuscule, etc.
En un second temps, comme alors l'écriture n'avait pas encore été inventée, elle ne le fut que vers -10 000 ans, alors que le langage articulé a émergé vers -2,4 millions d'années, nous avons traduit chaque symbole en langue française. On sait que le symbole qui est un concept pur, est beaucoup plus riche que toute formulation que
l'on peut en faire, car il se dissous vite dans une notion de plus en plus étendue au fil des temps. Prenons l'exemple du cercle, Nous pouvons le formuler d'une trentaine de façons comme, par exemple, en disant que c'est: une courbe, une courbe fermée, une courbe régulière, le contour d'un disque, une courbe qui délimite un intérieur et un extérieur, une clôture fermée, un enclos, le lieu des points équidistants d'un point isolé, un arrondi, le schéma d'une roue, le bord d'un trou, le contour d'une pastille, la section d'une sphère, un méridien, un équateur, un parallèle, la section droite d'un cylindre, la section droite d'un cône, la section droite d'un ellipsoïde à un axe, la section droite
d'un paraboloïde, la projection des contours d'une sphère par son ombre sur un plan, une ellipse sur un plan incliné vue sous un certain angle, le contour d'un cratère, un bracelet fin, ouroboros, un collier, le contour d'une poulie, une onde de choc sur un plan d'eau, la rotation d'un point fixé sur une roue tournant sur elle-même, etc. etc.Par le canal d'un concept aussi simple que le cercle nous pouvons entrer dans un sous-ensemble considérable de la langue française, considérée comme un cas particulier du langage articulé humain.
Progressivement, en vingt ans, nous avons effectué la même extension notionnelle des 50 autres concepts géométriques pour enfin aboutir en un premier temps à une base de 67 000 mots contenus dans 12 000 phrases représentatives de l'ensemble de la langue française pratiquée au niveau ingénieurs et techniciens supérieurs, mais sans les noms propres et sans le vocabulaire des spécificités langagières de leurs disciplines. Autrement dit nous avons atteint le niveau langagier moyen des lecteurs du Figaro ou du Monde.
Notre langue maternelle étant le français, c'est sur et avec cette seule langue que nous exposerons ici les résultats de nos recherches, bien qu'elles aient été conduites au départ sur une cinquantaine de langues vivantes, échantillon assez figuratif du langage humain, puis actuellement étendues à 215 langues vivantes et 80 langues mortes.
Une analyse de la fréquence des phonèmes archétypaux, faite sur les 67.000 mots situés dans notre ensemble de 12.000 phrases tirées du langage courant, scientifique et technique actuel, en français présents dans la base ELSINOÉ, fait ressortir les fréquences dégressives suivantes par rapport à la plus fréquente notée 1. - les consonnes, seules signifiantes, sont en majuscules:
aS, 1 opérateur - Da, 0,89 connaissance - aN, 0,80 puissance - Ra 0,52 environnement - aR, 0,44 autorité - aD, 0,43 savoir - La, 0,38 variété - Ga, 0,37 filiation - Ba, 0,35 intemporel- Sa, 0,34 action - Va, 0,31 manifesté - oG, 0,26 fécondation - Na 0,23 contradiction - Fa, 0,22 arrêt sur un choix - Ma, 0,22 milieu-mère - aL, 0,19 principe - aM, 0,15 harmonie - aB, 0,14 distinction - aV, 0,11 primordial - aF, 0,05 avertissement.
Si nous voulons exprimer en une phrase la signification archétypale ci-dessus de la langue française, nous l'écrirons, à partir du phonème le moins fréquent:
La langue française est définie comme étant
un avertissement primordial, distingué, harmonieux, principiel, issu d'un milieu-mère, arrêté sur des choix contradictoires, féconds, se manifestant en actions hors du temps, de filiations variées, savantes, faisant autorité
dans leur environnement, avec puissance, connaissance et opérativité.La langue française est vécue comme un
outil opératif, connaissant, puissant, environnemental, autoritaire, savant et diversifié, elle est fille intemporelle d'actions passées manifestement fécondes, quoique contradictoires, fixées sur des choix issus d'un milieu principiel, harmonieux, distingué, primordial et avertissant.Par la pertinence de ces deux lectures en miroir de Fourier de la signification archétypale, on a vérifié sur cet ensemble de 67.000 mots, ce qui avait déjà été établi sur les mots pris isolément: dans son langage, l'homme projette, par les
phonèmes archétypaux, un sens fondamental, en apparence indépendant du sens actuel, mais en fait profondément lié, comme on le verra plus loin.Dialogue avec ELSINOÉ
De par sa structure fondamentale ELSINOÉ est, d'une certaine façon, une prothèse informatique qui prend en compte les acquis de la psychologie différentielle qui ont établi qu'il existe, dans notre psychisme plusieurs niveaux de conscience. Le premier niveau est a-logique. Il engrange, par blocs, des paquets d'information reliés par
leurs occurrences temporelles et par la structure linguistique qui les exprime. Le second niveau est pluri-logique. Il fait appel aux logiques plurales, dont la logique cartésienne, dite du tiers exclu, est une des
composantes majeures.Dans notre fonctionnement mental trivial, pour nous projeter en intuition dans le futur, nous nous posons des questions de façons multiples, permanentes et réitérées. Qu'il s'agisse de problèmes affectifs, professionnels, techniques, scientifiques, artistiques, éthiques ou esthétiques, nous procédons toujours de la même façon. En un premier temps nous extrayons, mémorisés inconsciemment au premier niveau de notre conscience, un bloc d'information que nous exprimons en général par une phrase, puis un autre, puis encore un autre. Sur cet ensemble nous appliquons une de nos logiques pour articuler les blocs entre eux et faire un choix entre les inductions possibles.
Le questionneur est en quelque sorte, dans l'épaisseur du présent, situé au centre de gravité des blocs vécus et articulés entre eux dans le passé, donc très fortement corrélés et des futurs possibles moins fortement corrélés, puisque notre libre arbitre peut jouer pour choisir à chaque bifurcation entre les possibles.
Dans tous les cas, la cohérence est assurée par la formulation linguistique, puisque un événement n'existe en notre mémoire que si nous sommes capables, après ressouvenance, de le formuler à nous-mêmes comme à autrui, dans notre langue.
ELSINOÉ est une base de concepts du langage de l'humanité engrangés au niveau des blocs précités. Ces concepts sont exprimés en 12 000 phrases traduites en langue française, comprenant environ 67.000 mots corrélés par leurs phonèmes archétypaux.
L'opérateur pose une question par l'intermédiaire du logiciel quantique TRACTATUS, par frappe sur le clavier. La réponse est obtenue en une fraction de seconde sous forme d'une première phrase, résultant d'un tri pseudo-aléatoire, comprenant une extraction suivie d'une "percolation phonémique" à travers le filtre naturel de
SIERPINSKI contenu dans la langue.Cette première phrase n'est pas à proprement parler une "réponse futurible" à la question posée, mais un "élément de réflexion" proposé à l'opérateur. Il en tirera, après réflexion faite par lui au second niveau logique, une induction qu'il formulera avec sa propre logique. Si la première phrase n'est pas satisfaisante, le tirage d'une seconde, puis
d'une troisième, ou plus, permet d'affiner, par étapes, la pertinence de la réflexion aboutissant à la réponse finale.Ce faisant, ELSINOÉ simule le premier niveau du fonctionnement naturel de notre mental, nous permettant ainsi de réfléchir à une question posée, en extrayant de sa mémoire des blocs d'information, comme
nous pouvons le faire naturellement à partir de notre mémoire, avec moins de rapidité et sur un moins grand nombre de concepts.La pertinence des réponses faites aux questions posées, quelle que soit leur nature, est surprenante. ELSINOÉ peut même répondre à des questions sur sa propre pertinence. Cela m'a été très utile pour l'améliorer lors de son développement qui a pris plus de 25 ans.
Tous les concepts d'une langue sont corrélés et par leurs phonèmes inséparables, on s'en aperçoit facilement, en feuilletant un dictionnaire, puisque la définition de chaque mot renvoie à un ou plusieurs autres mots, eux-mêmes renvoyant encore à d'autres mots. Le tout est modélisable en une matrice creuse multidimensionnelle, structurée par la série de FIBONACCI comme l'a montré G. LANGLET. Cette matrice est un filtre de SIERPINSKI. Le fait que la matrice soit creuse montre que les corrélations linguistiques ne sont que partielles, ce qui explique que
l'opérateur, aussi bien que le logiciel, puisse répondre plusieurs fois de suite à la même question par des phrases différentes, mais cependant pertinentes. Ce sont les expressions multiples d'une réalité unique autour de laquelle par nos réflexions nous tournons, conceptuellement parlant, jusqu'à obtenir une voie pour une réponse satisfaisante.A quoi peut servir ELSINOÉ ?
à aider à réfléchir à partir d'une question posée comme aussi à faire le tour aussi complet que possible d'une question,
à stimuler la créativité,
à affiner la formulation d'une question,
à explorer les futurs possibles,
à choisir entre deux formulations d'un même question,
à commenter une situation,
à tracer le plan d'un roman,
à tracer un plan d'action,
à perfectionner un plan,
à affiner une réflexion,
à connaître le degré de maturation d'une situation,
à évaluer le déterminisme d'une évolution,
à saisir l'essentiel d'une question,
à valider une proposition,
à partir d'une question progresser vers d'autres questions,
à préparer une décision par des questions ouvertesSeconde étape ELSIPAN
Etendu à 30 000 phrases et couplé avec la structure mentale fondamentale de l'homme dont nous avons déjà parlé ELSIPAN devient une aide puissante à la prospective qui a le double mérite d'être indépendante de nos blocages inconscients cryptiques et de n'avoir aucun choix préférentiel d'intérêt personnel ou idéologique.Le 27 0ctobre 1999