SCIENCE EN FRANCE
TRANS-SCIENCE
A.F.I.
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LA QUINTESSENCE DE NOTRE CONSCIENCE
par Marcel V. LOCQUIN

 

      Une double hélice magique

      Faisons une rapide incursion au coeur de nos cellules. Dans leur noyau, au sein des chromosomes, se pelotonne la molécule en double hélice que l'on nomme ADN, qui condense en son sein notre patrimoine génétique. Elle est ainsi la "quintessence" de notre conscience, puisque cet ADN renferme, dans son programme, l'essentiel, de la mémoire de toute l'histoire de la vie, depuis son origine il y a plus de trois milliards d'année. Cette mémoire est condensée dans les noyaux de toutes les cellules de tous les individus de l'espèce humaine, avec, chez chacun, de minimes différences qui ne nous empêchent pas de nous reconnaître entre nous comme étant tous des "Homo sapiens".

      Notre ADN condense ainsi en son sein tous les attributs de notre "conscience" qui est biface. Elle est "conscience intériorisée" puisque nous avons tous une "conscience de soi", autrement dit pleinement conscience d'être un individu-homme unique au sein de la société humaine. Elle est d'autre part "conscience extériorisée", car nous avons tous conscience de recevoir des échos de notre environnement. Notre pleine conscience est en quelque sorte biface, elle est une égo-conscience doublée d'une éco-conscience. Elle mérite bien, de ce fait, le qualificatif syncrétique de "transconscience".
 

      La transconscience

      L'homme partage avec les animaux et les plantes, qui ont comme nous un ADN, mais différent, cette transconscience. C'est chez l'homme que cette transconscience, véritable interface entre l'égo de sa minuscule personne et l'écho en lui de l'immensité du monde, est la plus développée. De plus, entre
tous les hommes, elle est amplifiée grâce à la communication à l'aide du langage articulé qui nous caractérise. Chacun de nous peut exprimer en paroles ce qu'il perçoit des autres et dialoguer avec eux sur ce sujet car nous sommes d'inséparables jumeaux langagiers transconscients. Cela fonctionne toujours par mémorisation puis ressouvenance. Cette mémorisation ainsi que cette ressouvenance fonctionnent par blocs. Pour mémoriser le visage d'un ami, je n'engrange pas les millions de pixels qu'il faudrait pour rerstituer son visage à l'identique, mais seulement quelques traits majeurs reliés entre eux. Lorsque je me remémore cet ami, c'est ce bloc de traits majeurs qui refait surface. C'est
à partir de lui que j'aggrège d'autres souvenirs pour le restituer plus complètement dans son environnement notamment.