SCIENCE EN FRANCE TRANS-SCIENCE A.F.I. BIBLIOGRAPHIE CONTACT RÉVERSION ÉNERGÉTIQUE IMPLOSION DÉMOGRAPHIQUE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE par Marcel V. LOCQUIN
La marche vers l'immatérialitéL'homme, en cette époque de transition entre deux millénaires, consomme de moins en moins d'énergie pour fabriquer ses outils et les faire fonctionner. Il accède de plus en plus à un univers technologique et technique en grande partie immatériel, celui de la communication, de la robotisation, de l'automation, des simulations sur ordinateur et des créations virtuelles. Cela nécessite déja et nécessitera de moins en moins d'énergie à mettre en oeuvre, tant pour produire ces outils que pour les faire fonctionner. A titre d'exemple éditer sur support papier et expédier par poste une encyclopédie en douze volumes consomme mille fois plus d'énergie que son édition et son expédition sur disque optique.
La réversion énergétique
La réversion de la consommation énergétique qui s'ensuit dans de multiples domaines industriels ne peut être, pour le moment, chiffrée avec précision, car il faut prendre également en compte de multiples facteurs sociaux telle la diminution de la consommation dûe à l'augmentation générale des inactfs, faute de réaménagement social mondial du travail, puis, comme on va le voir, telle la diminution biologique de la population planétaire.
De l'explosion à l'implosion démographique
Jusqu'à la fin des années 80, on avait accepté comme une fatalité une inflation démographiquee galopante sur la majeure partie de notre planète, ce qui devrait nous conduire à une population mondiale de quelque 10 ou 12 milliards d'hommes vers l'an 2020, suivant des estimations optimistes ou
pessimistes.Pourtant un éco-biologiste universitaire le Professeur Ramade n'hésitait pas à proclamer, dès 1970, que ce ne serait sûrement pas le cas, car la planète ne pourrait pas nourrir convenablement et maintenir en bonne santé une telle population. "Si l'humanité actuelle se révélait incapable de réguler
volontairement sa propre population, la nature disait-il s'en chargera".Un processus biologique naturel de régulation de la fécondité humaine s'est déclanché. L'Organisation Mondiale de la Santé a constaté qu'entre 1988 et 1994, en six ans, la fécondité des couples a chuté considérablement, aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés. Le taux de remplacement des couples en âge de procréer est passé de 2,7 à 2,3, moyenne de toute la planète, soit une diminution en valeur relative de 15%. Dans certains pays surpeuplés comme l'Algérie ou le
Brésil cette diminution a récemment augmenté, elle atteint en 1994 quelque 25 %.C'est un facteur strictement biologique qui en est responsable. La mobilité des spermatozoïdes humains a prodigieusement diminué dans toutes les populations, quelles que soient leurs niveaux de développement. Or on sait que la fécondité animale et humaine est directement proportionnelle à
cette mobilité.Si on prend comme base de calcul une diminution du taux de remplacement des couples de 2,5% par an, on aboutit en vingt ans à une réduction de plus de moitié du remplacement de la population actuelle en âge de procréer. Bien entendu cette extrapolation est linéaire et les phénomènes biologiques ne sont jamais linéaires. La tendance peut s'inverser ou s'accélérer, sans que rien ne permette de le prédire.
D'autres facteurs que le facteur biologique intrinsèque accélèrent encore cette tendance, ce sont essentiellement des facteurs extrinsèques surtout climatiques et sanitaires, ainsi que des facteurs socio-culturels.
Les facteurs climatiques interviennent en premier lieu car ils provoquent la désertification de zones géographiques de plus en plus considérables, ce qui induit une sous-alimentation chronique d'environ un milliard d'hommes. De ce fait ils ne se reproduiront plus ou presque plus. S'ils se reproduisent
l'espérance de vie de leurs descendants faméliques sera inférieure à l'âge nubile. Cela provoquera leur quasi extinction en deux générations.Les facteurs sanitaires sont aussi à prendre en compte. Les pandémies des zones intertropicales comme celle du paludisme et de beaucoup d'autres pour lesquelles on ne dispose d'aucun moyen de lutte économiquement efficace, sont accentuées par une malnutrition chronique des populations.
Plus de deux milliards d'hommes sont actuellement en état de déficience sanitaire grave, ce qui réduit d'autant leur espérance de vie et leur taux de reproduction.Des facteurs technologiques humains accentuent cette désertification par la surexploitation sauvage des ressources énergétiques biologiques. Pensons à la destruction dans les temps historiques des forêts tempérées de l'ancien monde suivie actuellement par celle des forêts inter-tropicales. Pensons aussi à la surexploitation désertifiante des sols agricoles artificiellement surfertilisés.
Des facteurs culturels entrent aussi en compte. En cette période de récession, planétaire, la polygamie régresse au Sud et les familles nombreuses disparaissent au Nord, ce qui diminue d'autant le nombre
d'enfants à naître lors des générations suivantes. Les causes en sont principalement économiques et contre-carrent efficacement les effets pervers des propagandes dogmatiques de fanatiques religieux.Dans ces processus de décélération démographique ne comptent que pour mille fois moins les conséquences des catastrophes naturelle, inondations, séïsmes, éruptions volcaniques, celles des guerres, même planétaires, ainsi que celles des épidémies comme celle du Sida. Tous ces facteurs confondus ne font actuellement disparaître en vingt ans que quelques millions d'hommes en âge de procréer et non pas des milliards.
Il est très difficile de chiffrer la résultante combinée de tous ces facteurs. Ce que l'on peut certainement dire c'est qu'ils vont tous dans le même sens, à savoir une diminution drastique de la population à venir de la planète. Le phénomène nous est masqué au début par la surpopulation
effective actuelle, surestimée lors des recensements mondiaux pour des raisons économiques et culturelles, car une famille nombreuse est traditionnellement une richesse, une assurance sur l'avenir et le gage d'une assistance financière nationale et internationale. Il a fallu un changement
radical de point de vue partant d'enquêtes médicales natalistes et épidémiologiques pour mieux saisir l'évolution démographique à venir de l'humanité.
La quête d'un nouvel équilibre durable
Nous allons ainsi inéluctablement, à terme, vers une accentuation de la réversion de la consommation des énergies aussi bien conventionnelles que renouvelables. De trop bon marché comme elle l'est actuellement, ce qui provoque une surconsommation polluante, l'énergie va devoir devenir
nettement plus chère, conséquence, à terme d'une génération, d'une diminution de moitié du nombre total mondial de consommateurs solvables. Il faut dès maintenant en tenir compte. Cela jouera en faveur des énergies renouvelables en sites de production décentralisés.
La révolution solaire
Induite par la généralisation de l'utilisation des énergies renouvelables et principalement de celle de l'énergie solaire, la révolution solaire est en marche et va s'amplifier. C'est pourquoi l'Académie francophone d'ingénieurs a choisi en 1995 pour thème de son colloque: "les énergies du 21ème siècle".
La révolution informationnelle
La révolution informationnelle qui se déclanche et s'intensifie vient du fait, non seulement de l'expansion prodigieuse des mal nommées "autoroutes de l'information", mais aussi de l'extension de la robotisation, de l'automation, de la modélisation informatique, de l'édition électronique, de la traduction assistée par ordinateur etc. Cela a été le thème principal du Colloque de l'Académie francophone d'ingénieurs en Décembre 1996.