|
|
|
|
|
|
SEPT SIECLES DE DÉVELOPPEMENT
CULTUREL EUROPÉEN
par Marcel V. Locquin
Le plus grand mythe de notre époque
Partant de la formulation d'un grand mythe attribué à Roger BACON, qui veut que la société s'organise par et pour la science, en simplifiant à l'extrême on peut dire que l'humanité, en Europe, a suivi deux voies de développement culturel parallèles et antagonistes.
La voie de la tradition grecque
La première, la voie polythéiste, de tradition grecque antique, est en quelque sorte animiste, puisque la nature, habitée de dieux multiples est notre mère à tous, que nous soyons dieux ou mortels. Les Dieux sont donc extérieurs à l'homme puisqu'ils habitent la nature. Elle prétend réaliser le rêve de BACON par les voies logiques et matérialistes du socialisme scientifique.
La voie judéo-islamo-chrétienne
La seconde, dite voie judéo-chrétienne ou mieux judéo-islamo-chrétienne est monothéiste. Elle postule que la nature, créée comme nous-mêmes par Dieu le père, a pour vocation d'être dominée par l'homme, donc exploitée par lui. Dieu y est intériorisé. Il nous permet ainsi de nous prétendre en position de domination pour tendre à réaliser le rêve de BACON.
Les deux grandes idéologies contemporaines
La première voie a conduit à l'athéisme marxiste et au matérialisme dialectique qui ont prédominé pendant environ un siècle en Europe orientale.
La seconde voie, par le canal du positivisme d'Auguste COMTE, a annoncé au monde que son avenir passe par le développement de la sociologie, seule capable de fonder par l'ordre et le progrès une véritable politique scientifique. Cette voie nous conduira en Europe occidentale à la révolution industrielle faite pour assurer, par l'exploitation des énergies naturelles, la domination de l'homme sur la nature. Elle se poursuit depuis deux siècles environ en Europe occidentale, émigre en Amérique du Nord puis en Extrême-Orient. L'économisme y règne en maître. La pensée politique y est esclave des experts scientifiques et techniques.
La voie moyenne de la science
Pendant tout notre XXème siècle la politique n'aura d'autre alternative que de s'accrocher à ces deux facettes philosophiques du même rêve d'absolu : le rêve mythique de BACON, le leurre du meilleur des mondes à la WELLS, qui pourrait être assuré par le développement progressiste de la science avec une sorte d'automatisme dans le progrès, déniant toute autonomie de pensée tant aux praticiens des technologies qu'aux penseurs de choix éthiques.LE DÉVELOPPEMENT SCIENTIFIQUE
Le rejet des dieux
Le développement scientifique proprement dit, depuis l'époque dite des lumières, s'est construit, comme une troisième voie prétendant être indépendante et pouvoir se développer en marge des deux précédentes. A cet effet, les hommes de science depuis le début du XXème siècle, à l'est comme à l'ouest ont rejeté symboliquement aussi bien les divinités antiques que Dieu le père. Le principe de causalité prétend ainsi l'emporter définitivement sur le principe de finalité. Nous pilotons notre développement à partir du passé en refusant de rêver le futur.
La voie courtisane des crédits
Les hommes de science ont cependant paradoxalement réussi à être courtisés par les idéologies dominantes des deux pôles : idéologie marxiste-matérialiste Euro-orientale, idéologie en quelque sorte Comtiste-libérale Euro-occidentale. Jouant de leurs antagonismes lors de la guerre froide, les scientifiques ont obtenu, tant à l'est qu'à l'ouest, des crédits considérables de développement à des fins essentiellement militaires, accompagnés certes de leurs retombées civiles. C'est ainsi qu'ont pu se développer: l'énergie atomique à des fins militaires puis civiles, l'électronique puis l'informatique avec des applications militaires puis civiles, l'aviation militaire puis civile, en médecine les antibiotiques, les antiparasites à des fins militaires puis civiles, la conquête spatiale à des fins encore enchevêtrées militaires et civiles, avec notamment les satellites artificiels pour la cartographie de la planète et les télécommunications.
Confusions de pensées et de rôles
Cette voie médiane de développement de la science et des technologies a conduit à l'est comme à l'ouest à une confusion des pensées et des rôles des scientifiques d'une part et des ingénieurs et des techniciens d'autre part, ce qui explique l'absence de réflexion positive sur l'exploitation effrénée de la nature, avec les conséquence que l'on sait sur l'environnement, ainsi que l'absence de réflexion de fond sur l'inflation démographique et sur le chômage.LES GRANDS RENVERSEMENTS
La grande crise des années 29
Un premier renversement d'opinion prend naissance aux États-Unis dès 1929 sous l'effet de la grande crise. Il provoque une réaction quasi religieuse contre l'homme démiurge ne mettant aucun frein à ses désirs de connaître pour dominer la nature.
Le réveil d'Hiroshima
La seconde guerre mondiale y mettra provisoirement fin jusqu'au réveil d'Hiroshima. On sait maintenant, par la lecture des archives du KGB récemment publiques, que ce réveil a été voulu par la plupart des hommes de science de toutes nationalités, alors émigrés aux États Unis, qui ont sciemment et en concertation, à l'insu des pouvoirs politico-militaires de cette époque, pour assurer un certain équilibre est-ouest, communiqué à leurs homologues d'Europe orientale les secrets atomiques de l'opération Manhattan. Là est le vrai point de départ de l'équilibre par la dissuasion dans lequel nous avons vécu pendant un demi siècle, jusqu'à l'effondrement du mur de Berlin. Bel exemple de conditionnement du politique par le scientifique.LE GRAND EFFONDREMENT
L'effondrement du pôle Est
Il se produit actuellement en Europe centrale et orientale une cascade d'effondrements, depuis la chute symbolique du mur de Berlin. Nous en vivons les conséquences.
Le déséquilibre planétaire
Un des deux grands pôles militaires de la planète s'est effondré et a créé un grand vide à l'Est, provoquant un déséquilibre structurel planétaire, puisque notre paix occidentale était toute entière basée sur un quête permanente de rééquilibrage des potentiels militaires de destruction mutuelle des deux pôles. Cette quête a induit une course permanente aux armements qui prenait le pas sur une guerre économique sous-jacente et la masquait.LE GRAND RETOURNEMENT
L'effacement de la voie médiane
On assiste actuellement à un retournement de la situation de la science par rapport aux technologies associées. Comme nous l'avons dit, dans l'équilibre par la dissuasion essentiellement nucléaire, dans lequel on oublie trop souvent que toutes les technologies avancées associées sont parties prenantes, les homme de sciences, les ingénieurs et les techniciens en étaient, économiquement parlant, les grands bénéficiaires. La poursuite de la voie médiane prétendant rejeter les fondements idéologiques des deux pôles idéologiquement dominants leur a été jusqu'ici puissamment payante, tant au sens figuré qu'au sens concret du terme. Maintenant qu'il n'y a plus qu'un seul pôle dominant, il n'y a plus de voie médiane. Que se passe-t-il alors?
Risques de dérapages
Dans ce qui se passe en cette fin de siècle il y a de gros risques de dérapage, liés moins à l'angoisse de l'an 2.000 qu'à l'exploitation de la peur des lendemains qui déchantent. Il y a risque de développement de nouvelles idéologies prétendant faire contrepoids à l'idéologie libérale dominante. Idéologie du retour général à la nature par exemple.
Risques d'économisme
Ce risque est très fort si on considère les blocages dus à l'économisme pour l'économisme: on gagne plus d'argent par la spéculation que par la production, l'argent ne sert plus à produire des biens consommables.
Risques de juridisme
Ce risque est également très fort si on considère l'expansion du juridisme : du droit avec lequel on gagne plus d'argent en faisant des procès qu'en produisant ou en guérissant.LE RÉENCHANTEMENT
Vers un nouvel humanisme
Un nouvel humanisme est possible par une heureuse convergence: le rejet de la voie de la science causaliste et matérialiste comme voie unique une développement puis par la prise en compte du facteur historique de le Tradition multimillénaire, convergent avec l'épanouissement de notre imaginaire créatif matérialisé en quelque sorte par l'explosion du virtuel holographique puis informatique multimédias, en germe depuis la popularisation du téléphone puis de la téléconférence, de la monétique, des images de synthèse et enfin des prothèses bioniques.LA DOMINANCE PURE
La dominance de la raison pure
Depuis plus de deux millénaires l'intellectualité de la raison pure de la science a dominé la technicité de ses applications. Depuis plusieurs siècles Descartes a éclipsé Archimède. L'universitaire prend le pas sur l'ingénieur, la science pure sur les sciences appliquées.LE RETOUR D'ARCHIMÈDE
Inversion de la dominance
Depuis peu on assiste à un retournement de la dominance, amenant un véritable réenchantement par la dominance technique de l'imaginaire dit virtuel sur la science pure.
La preuve par les structures nouvelles
Pour oeuvrer dans le sens de ce réenchantement quelques structures nouvelles se construisent dans différentes agences spécialisées des Nations Unies. En voici deux exemples:
Une mise en oeuvre novatrice et écologique
Processus du "Sommet solaire mondial", puis de la "Décennie des énergies renouvelables".
Une autorité morale transnationale
L'Académie francophone d'ingénieurs, en contrepoint avec les Académies des sciences nationales et leurs fédérations internationales.LES FUTURIBLES ARCHIMÉDIENS.
Quels sont-ils, quels peuvent-ils être d'ici l'an 2.005?
La bionique, la transparence de l'opaque, les images virtuelles, les autoroutes de l'information, les transporteurs délocalisés d'idées, les prothèses mentales et quelques autres, les orthèses informatiques.LA MONDIALISATION
- La mondialisation par l'économie n'est qu'une illusion car les mécanismes économiques n'en sont pas la cause première. La mondialisation n'est que la conséquence de la complexification de mouvements profonds et inconscients individuels et collectifs, autrement dit mentaux et sociaux.
- En 1970 l'Amérique dans son ensemble entre dans une phase de régression culturelle générale aussi bien chez les blancs que chez les noirs, et généralement proche d'une stagnation. Cette stagnation se poursuit encore et il n'existe aucun signe d'un possible renversement de tendance.
Cela est confirmé par la fuite des étudiants au sein de toutes les Universités, même les plus prestigieuses comme Princeton, qui a perdu entre 1992 et 1994, environ un quart de ses effectifs étudiantins.
Cette fuite quantitativement impressionnante, exprime une vaste désenchantement qui a atteint, aux États-Unis, toutes les strates jeunes de la société.
- Ce déclin culturel est l'expression de l'entrée en crise des États-Unis, masquée artificiellement par un plein emploi obtenu par une baisse des salaires des plus pauvres, au dessous du minimum permettant de garantir l'accès aux soins médicaux pour conserver une bonne santé.
- Les scores intellectuels moyens américains, aussi bien mathématiques que verbaux sont passés en dessous de ceux de tous les pays d'Europe occidentale comme orientale, sans aucune exception.
- La plus riche et la plus puissante nation du monde a régressé culturellement mais non encore technologiquement ni industriellement.
- Cependant les statistiques faisant apparaître les niveaux de compréhension des textes, montrent que dans l'univers technologique actuel fortement alphabétisé et numérisé plus de 20% d'américains sont en décalage par illetrisme par rapport à la modernité, contre 7 à 10% d'Européens de l'Ouest comme de l'Est.
- Entre 1875 et 1985, le nombre annuel de diplômés scientifiques, d'après la National Science Foudation, après avoir augmenté de 156 825 à 213 730 est retombé en 1992 à 173 099.
Pendant cette dernière année l'Union européenne avait formé 214 000 diplômés scientifiques.
Pendant le même temps l'ensembles des pays d'Asie développés ou en développement a formé 523 651 diplômés.
- Si on compare le nombre d'étudiants ayant achevé des études doctorales en 1992 on obtient les chiffres suivants: 11 223 en Asie, 18 251 aux États-Unis et 25 310 en Europe.
- Entre 1986 et 1992 le centre de gravité scientifique du monde s'est déplacé d'Amérique du Nord en Europe, même si on doit être prudent dans les comparaisons de diplômes de valeurs souvent inégales suivant les pays. Aucun paramètre économique de peut expliquer ce déplacement. Aucun paramètre monétaire non plus puisque en 1993 les États-Unis restent le pays qui dépense le plus pour l'éducation : 6,8% de son PIB, contre 5,9% en Allemagne et 4,9% au Japon. La réponse doit être recherchée au niveau des structures mentales individuelles invisibles qui déterminent des moeurs et des comportements sociaux.
- L’essoufflement intellectuel et culturel de la nation la plus industrialisée du monde est masqué par un discours ultra-libéral qui ne prend pas en compte la montée en puissance non seulement industrielle, mais aussi socio-politique, de l'Extrême Orient et de l'Europe.ÉVOLUTION SOCIOLOGIQUE
- Il nous faut entrer plus en profondeur dans les mécanismes évolutifs humains et sociaux pour mettre en oeuvre une "inform-action" efficace qui nous permettra de mieux gérer la transition vers une nouvelle structuration sociale inévitable quoique, dans son dessein, cryptique, mais humainement mutable dans ses modalités sociales.
- La communication est le reflet idéologique transitoire de valeurs inconsciente profondément ancrées dans le tissu social.
- La vie sociale suivant les pays peut être à prédominance individualiste ou sociale.SOCIOLOGIE DES FAMILLES
- La famille assure la transmission de la vie mais aussi partiellement celle des connaissances Elle assure ainsi une fonction de régulation sociale.
Elles se répartissent en 7 catégories :
La famille nucléaire absolue domine l'Amérique anglo-saxonne, en Hollande et au Danemark.
Elle est caractérisée par le départ précoce des enfants hors de la famille et leur mobilité professionnelle. Elle a un faible coefficient d'intégration
- La famille nucléaire égalitaire domine la partie de la France centrée sur le Bassin Parisien, depuis le Moyen-Age au moins.
Elle est caractérisée par l'égalité successorale des enfants.
Elle a un faible coefficient d'intégration
- La famille nucléaire inégalitaire endogame et testimoniale entoure le Bassin Parisien en France, comme en Vendée et en Lorraine.
Elle est caractérisée par la survivance du droit d’aînesse par le biais des
testaments avantageant les aînés mâles
Elle a un faible coefficient d'intégration.
- La famille souche exogame, autoritaire et inégalitaire Allemande, Suédoise, Coréenne et Québécoise, prédomine en France en Occitanie, comme en
Bretagne, dans la région Rhône-Alpes et en Alsace.
Elle a un coefficient d'intégration moyen.
- La famille souche endogame autoritaire et inégalitaire est présente en Israël et au Japon. Elle a un fort coefficient d'intégration
- La famille communautaire endogame, autoritaire et égalitaire est présente en Finlande en Toscane, en Russie et en Chine. Elle a un coefficient d'intégration moyen
- La famille communautaire exogame est présente dans le monde arabe. Elle a un coefficient d'intégration moyen.LA MUTATION SOCIÉTALE
- Pour tenter de comprendre la mutation sociétale actuelle du monde développé il faut l'aborder aux trois niveaux de sa complexité : anthropologique inconscient, puis culturel subconscient et enfin économique conscient.
* La mémoire est ce qui est absent du présent.
De ce fait il y a une mémoire du présent comme du futur. Cela peut paraître paradoxal mais est en fait très logique, puisque notre futur est dans le passé des particules luminiques qui ont interagi en nous dans notre propre passé comme dans notre présent.
* L'évolution repose sur la mort des individus et la conservation de l'essentiel de leur passé dans le pool génétique de la population. C'est une autre façon de formuler la règle de la récapitulation onto-phylogénique.
* Un être qui ne se souvient de rien, n'apprend jamais rien.
On ne peut apprendre qu'en se référant au passé par analogies ou différences.
* Une bonne critique ne peut être qu'une métacritique. Sinon le critique se condamne lui-même, puisque ce faisant il s'inclut dans ce qu'il critique.
* Par rapport à une structure, tout changement apparaît comme un corps étranger, un parasite ou une toxine à éliminer, sous peine de mort. D'où ces étranges autocensures qui parsèment encore actuellement l'évolution des sciences.
* Tout modèle est mythique car impermanent et intemporel. Cette constatation devrait nous protéger de la tentation de prendre le modèle pour l'objet qu'il modélise. La carte n'est pas le territoire, le mot chien ne mord pas.
* La téléonomie est une rétroaction du futur dans le présent. Il en existe quatre degrés sentimentaux:
- satisfaction car récompense immédiate pour un futur escompté,
- autoconservation, car préservation dans le présent d'un but futur,
- conservation groupale au delà de la durée de vie de l'individu,
- continuation de l'évolution au delà de la conservation du groupe et hors de tout but particulier.
* Un système de pensée, quel qu'il soit, n'a pas de racines stables puisque les axiomes de départ recouvrent des implicites cryptiques et il n'a pas de clôture car il contient plein de théorèmes indémontrés ou indémontrables, bref il est incomplet et inconsistant selon Goedel.
* Nous passons notre vie dans un laboratoire imaginaire. Nous expérimentons constamment en pensée.
* La pression du discours scientifique engendre l'orgueil de la connaissance. Celui qui sait ou qui est censé savoir acquiert un certain pouvoir, et comme l'appétit de pouvoir mènes les hommes, il plonge facilement dans l'orgueil.
* L'interlocuteur dominant impose à l'autre un ensemble cryptique de métarègles qu'il ne connaît pas. Si je dis à un naïf en physique quantique, qu'en cassant en morceaux un hologramme, chaque morceau permet cependant une reconstitution virtuelle de l'objet entier, il ne peut discuter d'égal à égal avec moi. Il accepte le fait tel quel sans le discuter pour ne connaître les limites.
* Un gène est une question dont le témoignage fournit la réponse. Par exemple si on pause la question au gène qui pilote la synthèse de la mélanine : cet enfant à sa naissance aura-t-il les yeux bruns ou bleus ? En répondant "brun" il témoigne de l'efficacité de sa mélanogénèse piloté par son gène..
* Si nous voulons éviter la cécité conceptuelle il nous faut comprendre l'existence de liens entre les concepts. Par exemple au sein d'un quanton qui se révèle à l'observateur en apparence tantôt onde tantôt particule, ce qui paraît inconciliable devient évident si on admet un lien consubstantiel entre l'amplitudon et le phason du quanton.
* Le continu est l'enveloppe imaginaire du discret. Tout ce qui est matériel est discret dans notre univers.
* Ne confondez pas une différence par analogie et une distinction dans un ensemble discret. La différence est du domaine du continu alors que la distinction est du domaine du discontinu.
Dans le domaine du continu on a parfaitement le droit de faire toutes opérations algébriques telles que intégration, interférences, différenciation alors que dans le domaine du discontinu on n'a pas le doit de faire certaines opérations comme les interférences et la différenciation. Le calcul différentiel et intégral est dans ce cas amputé de sa moitié essentielle pour prévoir l'évolution d'un système discontinu puisque constitué d'éléments discrets. D'où l'évolution dite chaotique de certains systèmes puisque tout système matériel est constitué d'atomes isolés par d'immenses espaces vides.
* L'évolution dite chaotique de certains systèmes est due essentiellement au fait que constitués d'éléments discrets indépendants, l'indétermination reste entière au niveau quantique à chaque instant.
* La dénégation est signifiante du rejet d'une différenciation et non pas du rejet d'un refus qui vaudrait approbation. Si certains dénient à d'autres le doit de rejeter l'axiome du continu, ils leurs dénient le droit de rejeter ce qui différencie un système continu par rapport à un système discontinu, mais ils ne dénient pas le rejet du refus de cette différence qui en vaudrait approbation
* En physique mathématisée, l'analogique est continu, positif, quantitativement plein, sans zéro ni vide, divisible à l'infini, intégrable et différentiable, sans valeur de vérité dans le monde matériel-énergétique, car il est immatériel. Ce sont là tous les attributs du phason du quanton comme l'a bien vu A. Wilden.
* En physique mathématisée, le discret - ou numérique, ou digital - est discontinu, soit positif soit négatif, logique, dépendant du zéro et des intervalles vides entre ses éléments, admettant les qualifiants : tout, quelque, rien, moins que, seuil, absolument, précis, quantifié, somme, frontière, capacité, rapport, logique, calculable, intégrable mais non défférentiable ni interférentiable. Ce sont là tous les attributs de l'amplitudon du quanton.
* Pour se comprendre il faut être compris au moins partiellement par l'autre et en rétroaction percevoir ce qu'il a compris. C'est là le mécanisme fondamental du transfert et du contre-transfert qui est le fondement de toute communication interpersonnelle.
* Depuis plus de deux millénaires nous avons vécu trois grandes périodes paradigmatiques : organique, géométrique, mécaniste et enfin informationnelle. La période organique, dite aristotélicienne, est caractérisée par une référence permanente au maître que l'on se doit de ne pas contredire. La période géométrique, dite archimédienne, est caractérisée par une émergence des technologies matérielles mécaniques. La période mécaniste, dite cartésienne, est caractérisée par la projection sur toutes choses d'une vision mécanismo-mimétique du fonctionnement de toutes choses et de l’univers lui-même. La période informationnelle, autrement dite relativiste et quantique, est caractérisée par une prédominance croissante informationnelle donc immatérielle, dans l'analyse et de la réalisation des systèmes.
* La science dit-on prétend ne s'intéresser qu'aux faits. Ce ne sont que les scientifiques qui le disent. De l'extérieur on perçoit une réalité toute autre car ce qu'on prétend être un fait n'existe dans notre espace mental qu'à travers une perception qui en faite par le canal de nos sens, donc éminemment subjective et de plus en interrelation permanente avec une interprétation qui en est faite à partir de données prétendues fiables car expérimentales, alors que toute expérience pour en vérifier l'existence, est construite autour d'un protocole qui élimine a priori toute autre possibilité extra-subjective d'interprétation.
* La définition du déviant que l'on considère vite comme pathologique, est toujours empreinte d'idéologie culturelle. Telle déviance d'un jour peut devenir la norme du lendemain. Évoquons Galilée, Einstein, McKlintock, Tonagawa et bien d'autres pour en être convaincu.
* La vraie communication se doit d'abolir la prétendue objectivité scientifique qui n'est qu’un leurre. On lui substitue l'inter-subjectivité.
* Dana la langue il n'y a que des concepts différentiels et instables. En effet un concept dérive nécessairement par différences d'une notion qui lui est antérieure. Ce concept est instable car il diffuse aussitôt dans des champs voisins et par métaphores se mue en une nouvelle notion. Et ce processus se répète à l'infini. Par exemple le concept d'énergie strictement défini par Carnot, est vite devenu une notion qui recouvre entre autres l'énergie muculaire, l'énergie mécanique, l'énergie calorifique, l'énergie nucléaire de fission, l'énergie nucléaire de fusion, l'énergie cinétique, l'énergie cachée d'un trou noir, l'énergie psychique.
* Ce qui se répète ne se répète jamais à l'identique puisque entre temps il y a intégration interférentielle de tous les événements corrélés dans l'interlude.
* Dans l'expression de leurs recherches beaucoup de chercheurs n'ont aucune conscience langagière de la complexité des niveaux de typologies logiques, des niveaux de codages et de décodage dans leurs communications.
De ce fait ils s'étonnent très souvent de ne pas être compris.
* La forme est distante mais non distincte de l'observateur. Les mesures d'une forme doivent être conformes à une subjectivité préalable. Les formes inclassables sont trop souvent déclarées impossibles. Les formes douteuses sont rejetées.
* Les stratégies évolutives peuvent s'organiser autour d'une première chaîne de concepts:
- recherche d'une analogie avec du préexistant - adaptation au réel environnant - choix évolutif effectué parmi les possibles - validité du choix par rapport à un référentiel paradigmatique - faisabilité du choix par rapport aux faisables en l'état actuel des connaissances - réduction des actions à l'essentiel par épuration de l'accessoire - énonciabilité socio-conviviale possible - approbabilité la plus large possible par autrui - développement vers un autre état - enfin retour à la case départ pour un nouveau cycle de ce nouvel état.
* Les stratégies évolutives peuvent s'organiser autour d'une seconde chaîne de concepts:
- percevoir - voir - écouter - expliciter - décomposer - rétroagir - éliminer - vérifier - schématiser - modéliser - construire - perfectionner - retoucher - jouer - simuler - varier - décrire pour recommencer le cycle avec un nouvel état..
* La caricature est un puissant instrument d’abstraction fonctionnelle au service de notre intellect.
* L'unanimité chère aux dictateurs comme le consensus cher aux hommes de médecine et de science sont aussi trompeurs l'un que l'autre car ils fossilisent l'évolution des idées et inhibent leurs nouvelles applications.
* Tout modèle aspire à être l'expression de la réalité, or il n'en est qu'une facette que l'on nomme le réel.
* Par paresse d'esprit on répugne à créer un vocabulaire neuf pour exprimer des idées neuves, on se contente de métaphores.
* La simulation informatique ne supprime pas l'expérimentation, elle la prépare ou la poursuit.
* Les contrôleurs scientifiques modernes sont les grands prêtres de notre époque.
* Le contrôle par les pairs est un gage de conformité.
* Un discours profondément logique peut être basé sur une prise en compte illogique de faits. Il en est ainsi pour l'étude paralogique du chaos dit déterministe.
On enchaîne par une logique analogique continue des faits par nature discontinus, ce qui est rationnellement interdit.
* Un discours paralogique épuré fondera certains mythes dominants, qualifiés de paradigmes, qui ne sont en fait que des paradogmes. Citons comme exemples: l'unicité de la flèche du temps, le principe de causalité, l'axiome du continu, l'opérativité universelle du décimal, le collapse de la fonction d'onde.
* Pour qu'une expérience puisse être dite fiable, l'interaction forte de l'expérimentation doit être d'un autre ordre de grandeur que l’interaction faible de l'expérimentateur.
Ordre de grandeur signifie d'un facteur multiplié par dix.
Par exemple la masse d'un poids posé sur la peau de mon doigt est facilement perçue si cette masse est dix fois supérieure à celle de mon doigt. Par contre la trompe d'un moustique peut traverser ma peau sans que je le perçoive, alors que la détection en sera faite a posteriori par l'inflammation que cela déclenche.
* Les anamophoses cartographiques nécessaires pour représenter un morceau de la sphère terrestre sur un plan nous font saisir la nécessaire interaction des concepts de l'expérimentateur sur les résultats de l'expérience cartographique.
On sait par exemple que la projection de la sphère sur un cylindre, projection dite de Mercator, conserve les angles de route pour un bateau, mais ne permet pas de calculer la longueur d'un trajet ou la surface d'une région.
* La science ne résout jamais un problème, par une mutation conceptuelle elle le déplace, ce qui engendre d'autres problèmes.
Le modèle galiléen du système solaire est une mutation du modèle copernicien. Le modèle relativiste est une mutation du modèle galiléen. Le modèle galiléen n'est pas satisfaisant en physique quantique, on n'a pas encore formulé le nouveau modèle qui
intégrera l'ensemble.
* Le formulé l'emporte sur l’indicible. C'est pour cela que l'on a pu dire qu'un objet n'existe que si on lui a donné un nom.
* Le passé n'est pas le symétrique de futur
* Vénérant la science l'homme moderne oublie la pensée sous-jacente qui oriente son action. Une pensée ne progresse qu'en détruisant des certitudes.
* Le rideau de fumée des épistémologies dites scientifiques, masque trop souvent l'indigence de la pensée philosophique des auteurs.
* Le rêve d'une société rationnelle garantie par les sciences est un rêve contre nature et rapetissant qui endort la pensée philosophique critique fécondante car extérieure au cercle des sciences.
* L'inflation statistique comme l'inflation expérimentale masquent une grave carence théorique et réflexive de l'activité scientifique actuelle. Cette inflation expérimentale et statistique est aussi pernicieuse que l'inflation économique. D'une masse très grande de données on ne tire rien d'autre que ce qu'on cherche a priori, on stérilise ainsi toute créativité scientifique.CRÉATIVITÉ, TRANSCONSCIENCE ET IMAGINAIRE
Les Physiques relativiste et quantique permettent de mieux comprendre la créativité biodiversifiante exprimée par la règle fondamentale "l'ontogénèse biologique - je complète: et son prolongement langagier - récapitulent la phylogénèse".Les travaux de trois prix Nobel de Physique, ceux du Hollandais Fritz Zernike inventeur du Contraste de phase, (Nobel en 1953), ceux du Hongrois Denis Gabor inventeur de l'holographie (Nobel en 1971) - j'ai travaillé avec eux - confrontés avec ceux de l'Américain Richard Feynman père de l'électrodynamique quantique, en permettent la compréhension. A l'image du quanton qui est à la fois amplitudon énergétique et phason imaginaire, ce dernier n'étant pas soumis à la contraction relativiste de Lorenz, car immatériel, notre ADN qui matérialise notre patrimoine génétique que je nommerai "génon", est à la fois "génôme" quand il crée nos matières protéiques et "imagénôme" quand il crée notre langage articulé "protée". Notre imaginaire est ainsi construit par le passé de notre lignée depuis les origines de la vie. Notre imaginaire est aussi stimulé par notre futur qui, dans le présent, est déjà le passé des phasons de nos quantons
La transconscience
l’Homme partage avec les animaux et les plantes cette transconscience, mais c'est chez l'homme que cette transconscience, véritable interface entre l'égo de sa minuscule personne et l'écho en lui de l'immensité du monde, est la plus développée. De plus, entre tous les hommes, elle est amplifiée grâce à la communication à l'aide du langage articulé qui nous caractérise. Chacun de nous peut exprimer en paroles ce qu'il perçoit des autres et dialoguer avec eux sur ce sujet car nous sommes d'inséparables jumeaux langagiers transconscients. Cela fonctionne toujours par mémorisation puis ressouvenance.
L'analyse spectrale du langage
Ayant procédé en 1979 a une analyse statistique de la structure phonémique d'une cinquantaine de langues mortes et vivantes, j'avais repéré la présence de vingt phonèmes fondamentaux, ultérieurement retrouvés dans presque toutes les langues de la planète. Je les ai nommés "phonèmes archétypaux", car ils ont le même sens profond quelque soit la langue considérée. Ce sens archétypal, issu des origines du langage articulé, est encore présent dans le sens profond actuel des mots, tant est vraie que s'applique aussi au langage, la règle biologique universelle, qui veut que "l’ontogenèse récapitule la phylogénèse". En construisant actuellement des mots et des phrases, nos contemporains utilisent les briques élémentaires que sont les 20 phonèmes archétypaux inventés par l'homme bien avant l'invention de l'écriture. Ces briques élémentaires sont le résultat de l'analyse spectrale de notre langue. poussée jusqu'au niveau le plus fondamental.
Les miroirs magiques de Fourier
L'holographie met doublement en oeuvre la méthode de Fourier en enregistrant, en un premier temps, sur une plaque photographique à deux dimensions la lumière diffractée par un objet à trois dimensions. En un second temps on éclaire l'hologramme en sens inverse de la prise de vue, pour restituer l'objet sous forme d'image virtuelle à 3 dimensions. On constate ainsi que la transformée de Fourier est intégralement réversible puisque une seconde application sur le résultat d'une première application restitue l'état de départ. Ainsi peut-on dire que l'hologramme est une sorte de "miroir de Fourier" qui nous restitue, dans un temps et dans un lieu différés, l'image initiale de l'objet.Les miroirs de Fourier ont des applications physiques très générales. On les utilise par exemple en mécanique, depuis une trentaine d'années, pour mettre en évidence et mesurer de minimes déformations ou déplacements d'objets sous contraintes. Pour cela on enregistre sur la même plaque photographique deux hologrammes successifs du même objet pris avant et après déformation ou déplacement. Sur l'objet restitué, les déformations ou les déplacements apparaissent sous formes de franges noires d'égales épaisseurs.Nos sens et nos neurones
Nos organes des sens font naturellement, sans que nous en ayons conscience, une transformée de Fourier de leurs perceptions. Cela a été établi pour les bâtonnets de notre rétine, au CEA par Gérard Langlet en 1994. Cela
a toutes les chances d'être vrai pour tous nos organes sensoriels, notamment visuels, auditifs, et tactiles. En effet le débit de l'influx nerveux est au minimum mille fois trop faible pour transmettre à notre cerveau, et engranger dans notre mémoire en temps réel, une succession d'images animées perçues par notre rétine. La transformée de Fourier effectuée par les cellules rétiniennes diminue considérablement le nombre d'unités d'information à transmettre par seconde.
De plus elle réduit ces informations à l'essentiel sous forme d'une suite de bits notés "1" et "0" en logique binaire. C'est cette logique binaire qui transite inconsciemment à travers notre système nerveux. Nous en prenons conscience lorsque nous simulons ces processus sur un système informatique.
Dans notre cortex cérébral ce sont les molécules d'ADN présentes dans le noyau de nos cellules qui fonctionnent en miroir de Fourier pour nous permettre de nous remémorer plus tard ces perceptions. La transformée inverse
du miroir en induit intérieurement l'évocation sous forme d'images mentales, que l'on nomme souvenirs. Notre langage peut exprimer ces souvenirs extérieurement sous forme d'idées, car le miroir peut prendre en compte et
chimériser de multiples souvenirs associés.Corrélats psycho-matériels transconscients
Nous examinerons prochainement les prodigieuses conséquences transconscientes de ces processus de mémorisation-ressouvenance. Elles sont en apparence magiques car s'exprimant dans des temps et des espaces différents, mais néanmoins profondément logiques à la lumière de cette nouvelle interprétation. Bien des paradoxes s'y dissolvent et, pour ne prendre que quelques exemples, les mécanismes du rêve, de la télépathie et de la
psychokinèse y sont facilement ré-interprétables.TRANSTEMPORALITÉ ÉVOLUTIVE BIO-ONTO-PHYLOGÉNIQUE
Ces considérations m'ont amené à expliciter, de façon plus complète que ne l'avaient fait les prix Nobels Zernike en 1940, Gabor en 1948 et Feynman en 1965, les corrélations biologiques - aspects psychologiques compris - entre le passé évolutif buissonant de la vie, la morphologie individuelle et spécifique des êtres et leur plan
d'organisation qui semble être, au moins partiellement, prédestiné.
Autrement dit, tout individu est, dans son présent, entièrement morphologiquement, physiologiquement et psychologiquement construit par le passé de sa lignée depuis l'origine de la vie et piloté partiellement par son
futur. La clé transdisciplinaire explicative en est, ce que je nomme, l'effet en "miroir de Fourier". Cet effet, en un premier temps, produit des interférences dynamiquement stationnaires, entre les champs immatériels informationnels des phasons des quantons constitutifs de l'être vivant, tous engrangés dans notre ADN sous
forme de la transformée de Fourier des informations perçues, transformée effectuée directement par nos capteurs sensoriels, tels que les cellules de notre rétine. La transformée de Fourier étant intégralement réversible en un second temps par un effet que l'on peut qualifier de miroir, l'ADN, par ses synthèses protéiques, reconstitue les morphologies du passé de la lignée. Comme Feynman l'avait écrit, au contraire de son amplitudon, le phason du quanton étant informationnel, donc immatériel, ne subit pas, en se propageant à la vitesse luminique c, la limitation induite par la contraction relativiste de Lorentz Lorsque deux photons, ou deux électrons, divergent après avoir interagi, leurs champs phasiques interfèrent totalement dans leur présent qui est aussi celui de leur
observateur. Ils interfèrent aussi partiellement dans le futur, du point de vue de l'observateur, qui lui, est soumis aux limitations relativistes. Cette hypothèse inductive de Feynman a été pratiquement passée sous silence depuis 1965, et a été même censurée dans certaines éditions récentes de ses cours en langue française.
Mon interprétation repose sur de multiples expériences de physique effectuées dans de nombreux laboratoires, qui établissent que la matière est opaque aux amplitudons, mais transparente aux phasons des quantons incidents
et que ce sont uniquement les interférences des phasons qui structurent la répartition des énergies dans les images. Les plus anciennes expériences qui le démontrent ont été effectuées avec des photons par Zernike en 1940, les plus anciennes, faites avec des électrons l'ont été par moi-même, en 1953.
Ces interférences sont trans-temporelles comme le montrent les expériences holographiques de Gabor et surtout celles de ses successeurs faites après l'invention des lasers, ainsi que l'observation récente par les astrophysiciens, en 1994, d'un mirage gravitationnel, lors de l'observation duquel on a fait interférer les phasons de deux flux de photons provenant d'un quasar situé aux confins de l’univers observable, déphasés entre eux, par une masse gravifique obscure, de quelque 5.000 années lumières dans le temps, c'est à dire de plusieurs milliards de milliards de kilomètres dans l'espace.
L'évolution biologique, qui effectue à chaque génération une "récapitulation onto-morpho-phylogénique", se trouve ainsi explicitée par les interférences phasiques, dynamiquement stationnaires, résultant des interactions
entre complexions de phasons du passé d'un être et celles des êtres qui l'ont précédé dans sa lignée. Il n'est pas paradoxal d'écrire qu'en lisant Platon j'interfère hors du temps avec ses idées immatérielles, mais aussi suis-je, partiellement, dans le futur des idées de Platon, mort il y a plus de deux mille ans. Platon a en quelque
sorte anté-interagi avec les phasons idéels de ses futurs lecteurs.
Comme l'avait écrit Einstein, dans l’univers relativiste, passé, présent et avenir sont simultanément présents. Je suis dans le futur de Platon qui est dans mon passé.
L'algorithme de régression du cliquet que j'ai publié il y a dix ans démontre que phason informationnel et amplitudon énergétique d'un quanton sont tous deux confondus dans l'espace ultime de Planck. Cette constatation, associée aux interprétations expérimentales précédentes en quelque sorte "trans-temporelles" nous ouvre de nouvelles voies interprétatives pour beaucoup de phénomènes encore évacués des préoccupations des hommes de science, faute de méthode scientifique adéquate d'approche. Souvenons nous de la phrase de Descartes : "Ce qui fait la science c'est la méthode et non l'objet".ONTOPHYLOGENESE
Depuis 1940 trois grands noms, de la Physique, ceux de Zernike, Gabor et Feynman, sont associés aux preuves expérimentales de la nature immatérielle du phason d'un quanton qui structure, par son information, l'énergie véhiculée par l'amplitudon de ce quanton qui peut être un photon ou un électron.
Le phason informationnel d'un quanton est immatériel (Feynman), mais relié à l'amplitudon énergétique du quanton au niveau de l'espace de Planck (Locquin).
Comme tel il est supposé, toujours selon Feynman, ne pas être soumis aux limitations dues à la contraction relativiste de Lorenz. Prenons le cas d'un photon, sa phase se propage à la vitesse luminique c sous forme d'un hémisphère dont le front d'onde est un plan et non un cône comme on le dit généralement (Feynman). Lorsque deux photons ont interagi, par exemple par échange de photons virtuels, ils sont corrélés par leurs phases. Si leurs trajectoires sont divergentes, les deux champs de phase interfèrent totalement dans leur passé commun et partiellement dans leur futur, mais l'observateur que nous sommes est limité par son appartenance physique à un espace tridimensionnel et il évolue à une vitesse fort éloignée de celle des photons. Un être tel que chacun de nous, s'est donc construit dans son passé qui est univoque avec un déterminisme strict par contre il est piloté par son futur avec un déterminisme partiel, un certain libre-arbitre. On peut qualifier ce mécanisme de "morphogenèse téléonomique".En une phrase, on peut dire que "l'ontophylogénèse d'un être vivant est construite par tout le passé de la vie interférant dans son individualité et pilotée partiellement par le futur de sa lignée". Autrement dit il ne peut
y avoir, dans le présent individuel qu'une seule individualité réalisée dans l'immensité des possibles alors que, dans le futur, plusieurs individualités sont possibles, mais pas toutes. Un chien ne peut pas devenir un homme et, si la
descendance d'un homme du point de vue de l'amplitudon sera toujours humaine, du point de vue du phason les descendants de cet homme peuvent être des nains ou des géants, des manuels ou des intellectuels, des génies créateurs ou des moutons conformistes, des artistes ou des militaires. Les preuves expérimentales de l'immatérialité des phasons des photons et des électrons, leur permettant de traverser la matière qui est opaque à leurs amplitudons ne manquent pas, depuis 1940, sur les milliers d'images obtenues en contraste de phase photonique de Zernike et, en 1955, avec celles enregistrées avec le contraste de phase électronique de Locquin.
Souvenons nous, comme l'a écrit Feynman à propos de la physique quantique en général, que "toute connaissance nouvelle est une perturbation dérangeante alors que la connaissance traditionnelle rassure sans déranger".
Dans cette nouvelle perspective, quel sont les rôles de l'ADN ainsi que de notre système nerveux central dont nous sommes si fiers?
Dans notre système nerveux il y a deux sous-systèmes, l'un centripète qui conduit l'influx nerveux à partir des capteurs sensoriels périphériques, l'autre centrifuge qui commande en rétroaction, à partir du cerveau, les réactions réflexes, motrices, métaboliques ou endocrines de l'organisme. On sait depuis peu, suite aux travaux de G. Langlet, que les capteurs sensoriels, comme les bâtonnets de notre rétine, font eux-mêmes la transformée de Fourier de ce qu'ils captent afin d'adapter l'impédance du signal à transmettre au faible débit des nerfs sensitifs. Ils effectuent en quelque sorte une analyse spectrale par transformée de Fourier de leurs perceptions, ce qui produit une forte compression du signal, d'un facteur compris entre mille et un million, sans aucune perte d'informations. Ce sont des électrons qui véhiculent ce signal dans le nerf, par dépolarisations successives d'un signal électrique jusqu'à notre cortex cérébral. On pense légitimement que cette transformée de Fourier est mémorisée, c'est à dire engrangée dans l'ADN du "génon" de nos cellules centrales cérébrales, ou même peut-être du corps entier par le canal des nerfs centrifuges.Notre génon est une complexion de quantons. Il est donc simultanément génôme matériel, énergétique et imagénôme immatériel, informationnel. Les électrons étant des quantons, chacun est amplitudon et phason. Ces électrons sont fortement corrélés entre eux par le mécanisme de la transformée de Fourier effectuée dans les cellules sensorielles. Leurs phasons créent donc un champ interférentiel immatériel, structuré par l'information captée. Dans le génon de nos cellules, le champ mémoriel du phason complexe existant alors est restructuré par interférences avec les informations nouvellement captées, puis stocké. Il est un
champ stationnaire, dont la structure est dynamiquement entretenue par le métabolisme vital cellulaire. Il cesse individuellement d'être entretenu avec la mort cellulaire mais perdure dans la lignée cellulaire ou individuelle et se transmet par le génon au fil des générations de géniteurs en générés. Ce champ immatériel phasique informationnel, structuré et complexe, s'étend à la vitesse c dans tout l'espace présent et futur. Dans le présent il interfère avec les champs cohérents engrangés dans le passé dans l'imagénôme individuel et avec une partie des champs cohérents du futur. Cohérent voulant ici exprimer que les interférences sont renforcées lors de sensations de même nature même engrangées dans des temps différents. On sait que la répétition renforce notre mémoire.
Que se passe-t-il lorsque nous évoquons un souvenir, soit pour réfléchir, soit pour agir? Notre génon rétro-agit en "miroir de Fourier". Il fait alors la transformée inverse de ce qu'il a en mémoire. Or on connaît la propriété singulière de la transformée de Fourier qui est, qu'appliquée au résultat d'une première application faite sur un signal obtenu à partir d'un objet elle restitue l'information de départ, donc l'image de l'objet. Cet effet miroir fait ainsi remonter à la conscience le souvenir cohérent avec la question posée.Il est maintenant légitime de se poser une autre question : quelle différence y a-t-il entre une mémoire à court terme, une mémoire à long terme et notre mémoire génétique? Dans chaque cas c'est le même mécanisme en miroir de Fourier qui est mis en oeuvre, mais renforcé par auto- ou allo-répétition pour le long terme, renforcé au fil des générations passées présentes et futures pour la génétique dans la lignée. Les micro-mutations sont facilement expliquées par des erreurs à l'engrangement ou à la restitution, les macro-mutations par l'instabilité catastrophique évolutive de certains états morphologiques.Les interférences avec le futur
L'évolution individuelle créative est pilotée par interférences avec notre futur, car il est déjà le passé de nos quantons.C'est ce que nous exprimons intuitivement chaque jour en évoquant notre programme du lendemain, en imaginant des réalisations possibles dans un avenir proche, ou en anticipant sur des projets familiaux, matrimoniaux ou immobiliers à plus ou moins long terme. Personne ne peut nier l'influence de ce futur imaginé sur notre comportement actuel préparant des lendemains optimisés. Mais cette projection dans le futur, loin d'être seulement faite en pensée par imagination, est également une projection fonctionnelle biologique qui oriente tout notre être, qui est, en quelque sorte, piloté partiellement par son futur, de sa naissance à sa mort.Conclusion
La règle fondamentale de l'évolution biologique qui veut que s'effectue, à chaque génération, une "récapitulation onto-morpho-phylogénique", se trouve ainsi explicitée par les interférences phasiques, dynamiquement stationnaires, résultant des interactions interférentielles entre complexions de phasons du passé et du futur d'un être et celles des êtres qui l'ont précédé dans sa lignée. Ainsi sommes-nous entièrement construits par le passé de notre lignée et partiellement pilotés par notre futur.Comme l'avait déjà écrit Einstein en 1917, dans l'univers relativiste, passé,
présent et avenir sont simultanément présents. Ainsi Platon est actuellement dans mon passé, comme j'étais, il y a plus de deux mille ans, dans son futur. Nous en verrons prochainement les immenses conséquences explicatives
trans-temporelles de phénomènes qui jusqu'ici échappaient à une explicitation scientifique expérimentale, théorique et logique et que l'on a, pour cette raison, qualifiés à tort de "para-scientifiques". Nous évoquerons les images mentales, les résonances morphiques, les prémonitions, les interactions psychosomatiques et bien d'autres, sans oublier que selon Descartes, confirmé par Freud, "ce qui fait la science c'est la méthode et non l'objet".Des pensées aux idées
Une idée, une fois émise, n'existe à nouveau que lorsqu'elle est captée par un autre être humain. Il y a là ce qu'on appelle une rétroaction en boucle étrange hors du temps qui produit une chimère idéelle. Lorsque nous émettons des idées, ces idées ne sont que des chimérisations, inconscientes le plus souvent, des idée d'autrui avec celles que nous avons engrangées dans notre stock mémoriel. C'est un brassage d'idées, un remue-méninges qui est analogue au brassage des gènes lors de la fusion des gamètes. Pour penser il faut un cerveau vivant comme celui de l'être humain. Nous connaissons encore très mal les processus biologiques donnant naissance à nos pensées. Une pensée, une fois émise, devient une idée. Alors que la pensée est localisée en notre cerveau, l'idée émise, devient autonome et échappe à son créateur. Entre la rédaction suivie de l'édition d'un livre et sa lecture dix ans plus tard par exemple, il n'y a rien. L'idée émise à l'origine n'existe pas, puisqu'elle n'est pas temporellement localisable. Elle n'existe à nouveau que lorsqu'elle est captée par la lecture faite par un autre être humain. Il y a là ce qu'on appelle une rétroaction en boucle étrange hors du temps avec les idées de l'auteur du livre.
Lors d'une lecture d'un livre le lecteur croit s'approprier les idées de l'auteur. Même si l'auteur a quitté ce monde entre temps, il sent qu'il dialogue en différé avec lui. En réalité les idées de l'auteur chimérisent avec les pensées du lecteur et donnent naissance à de nouvelles idées qui ne sont plus ni celles de l'auteurs ni celles du lecteur, mais bien des idées neuves produites par l'intégration chimérisée des deux. C'est là un des mécanismes fondamentaux de toute création. Nous ne créons le plus souvent que par chimérisation de nos idées avec celles d'autrui. Nous avons parfois l'illusion d'idées neuves créées par nous et parfaitement originales, alors qu'une analyse fait toujours apparaître des antériorités conceptuelles dont nous n'avions pas conscience au moment créatif, mais qui étaient présentes, enfouies dans notre stock mémoriel. Il n'était pas besoin d'en avoir conscience pour qu'elles chimérisent spontanément avec les idées de l'auteur que l'on lit, ou celles de l’interlocuteur avec qui on dialogue, ou avec nos propres idées dans nos rêves.Techniques
Notre pouvoir cérébral créatif ne s'exprime qu'en reproduisant métaphoriquement au niveau technologique les mécanismes naturels qui l'ont construit. On sait que l’ontogenèse reproduit la phylogénèse, autrement dit qu'un être vivant, dans les étapes de son développement embryonnaire repasse par les principales étapes de l'évolution des organismes qui l'ont précédé. C'est ainsi que l'embryon humain est d'abord unicellulaire comme une amibe, puis un massif de cellules comme certaines algues, il passe ensuite par un stade invertébré, puis devenu Sélacien comme un requin, il a des fentes branchiales, amphibien comme une grenouille il a les mains palmées, enfin foetus de mammifère avant de naître il perdra toutes ces caractéristiques reliques de l'évolution animale.
Lorsque l'homme construit des objets techniques il fait de même, il perfectionne les objets antérieurs en gardant leurs structures reliques. Les premières automobiles sans chevaux gardaient la carrosserie des fiacres. Dans ses techniques de montage en chaîne il reproduit les processus de chimérisation sans le savoir. Pour s'en convaincre il suffit d'examiner une chaîne de montage d'automobiles. Moteur, roues, carburateur, carrosserie sont assemblés séparément comme des objets indépendants et de fait ils le sont, puisque le même moteur peut équiper une berline, un tracteur ou un groupe électrogène. On les assemble ensuite en une chimère technique d'autant plus réussie que l'intégration sera mieux faite. Dans ce cas la métaphore technique du génome biologique qui pilote la chimère sera l'ordinateur ou les ordinateurs, qui règlent toutes les opérations depuis la conception jusqu'au montage, en passant par l'usinage des pièces. Dans chaque ordinateur un programme est l'équivalent d'un gène et chaque ordinateur avec ses logiciels est l'équivalent d'un chromosome, l'ensemble des ordinateurs étant le noyau.La déflation populationnelle
En 1970, le taux de remplacement des générations qui, normalement, en cas d'équilibre de la population devrait être voisin de 2,1 par femme, était déjà descendu à 2 au Japon et en Hongrie. Cette même année marque au Nord, un tournant dans l'évolution des mentalités. Du point de vue des comportements socialement admis vis à vis de la procréation, c'est la fin, en Europe, d'une époque de magnification de la fécondité féminine héritée du paléolithique, qui aura duré environ dix mille ans. Alors que mille cinq cent ans avant notre ère, Égyptiens, puis plus tard, Grecs et Latins pratiquaient la régulation des naissances par diverses méthodes contraceptives physico-chimiques, les religions monothéistes modernes ont repris à leur compte et magnifié le culte païen de la fécondité, ce qui était évidemment une nécessité pour la survie de la famille lorsque l'espérance de vie humaine était inférieure à 30 ans et que l'homme n'avait que ses seuls bras pour travailler. Il fallait de nombreux enfants pour travailler la terre et nourrir leurs parents sur leurs vieux jours. Le clivage entre pays développés et pays en développement était alors très net. En Afrique, avec un taux de remplacement des générations de 6,5 et en Amérique Latine de 6,1, la fécondité exprimée par ce taux, est plus haute qu'en Asie où le taux est de 5,8, (Japon exclu). L'Europe, l'URSS et l'Amérique du Nord stagnent autour de 2,5. Le Kenya avec 8,1 et le Yémen avec 8, détiennent alors le record mondial du taux de remplacement des générations. En 1994, voici les pourcentages de femmes, en âge de procréer, qui ont eu recours à la planification familiale, par rapport à l'ensemble de la population.
Par grandes régions:
Afrique 65%, Asie du Sud-Est 73%, Méditerranée orientale 41%,
Par degrés de développement.
Tous pays en développement 33%, dont, pays les moins avancés, 56%, autres pays en développement, 21%.
Baisse de la fécondité.
Examinons le cas particulier de la France, où règne depuis la Révolution française, après l'abolition du droit d'aînesse, une certaine religiosité construite autour du transfert des patrimoines des classes aisées, de générations en générations, ce qui a induit, dans les populations rurales principalement, l'attrait d'une famille avec quelques filles et surtout un fils unique pouvant exploiter la terre sans la morceler au fil des successions. La lenteur bien connue des évolutions sociales, liée à l'inertie classique des mentalités, a freiné dans les autres couches de la population cette tendance volontaire à la baisse de la natalité. Pour tenter de contrer cette tendance fut créé sur les fonds légués à leur mort en 1925 et 1928 par Mme et M. Cognacq-Jay un prix qui porte désormais leur nom, attribué par l'Académie française, à des familles nombreuses méritantes de plus de dix enfants pour les montrer en exemple.
Pendant ce temps, du fait des progrès continus de l'hygiène et de la médecine, la mortalité des personnes âgées diminuait, ce qui a compensé et même inversé en France la tendance générale à la diminution globale de la population.Marcel V. LOCQUIN Mars 2000